De quoi Séraphin Lampion est-il le nom ? Tintinophiles sceptiques, s’abstenir.

Plusieurs études tendent à montrer qu’Hergé, très amateur de tarots, aurait plongé les racines de son inspiration dans l’occultisme, la mythologie, la franc-maçonnerie, la kabbale, enfin dans des terreaux très, très profonds.

Les cartes du tarot seraient toutes cachées dans «Vol 747 pour Sydney»; l’éclipse de Lune est à l’envers dans «le Temple du Soleil», comme dans la tradition hermétique, où la gauche est la droite, le haut le bas, et comme sur la couverture d’un livre de 1677, le «Mutus Liber», qui permet de trouver la pierre philosophale, et se trouve dédié aux «fils du Soleil» (dénomination des Incas d’Hergé). L’album d’Hergé suivrait pas à pas la trame du vieux grimoire…

Tintin-Athéna et Haddock-Dionysos

Mais voyons plutôt du côté des Grecs. Haddock, c’est Dionysos. Coiffé d’une tête de vache, comme lui, il tombe deux fois à l’eau (Dionysos, dieu dithyrambe, qui est deux fois né), en ressort avec une méduse sur la tête (comme du voile d’Isis, le voilà initié).

Tintin, c’est Athéna : elle est sage, il est sage, et ils sont vierges l’un et l’autre ; elle porte un casque à cimier, il a son toupet ; elle combat Arachné transformée en araignée, il croit voir dans le télescope une araignée géante installée sur un aérolithe – lequel était de nature divine pour les Grecs ; Athéna protège les enfants, Tintin les sauve (Tchang, Zorrino, Abdallah).

Séraphin Lampion n’est pas que le calamiteux assureur. Le Séraphin est un esprit brillant, brûlant, Lampon est un des chevaux d’Hélios (le Soleil), et Séraphin Lampion, doublement désigné comme lumineux, fait revenir la lumière dans le château de Moulinsart, alors que l’électricité est coupée; son rallye du Volant club se termine avec le mot FIN écrit sur la voiture n°7 (chiffre traditionnel du culte solaire); il a sept enfants, dont deux couples de jumeaux, ce qui, paraît-il, n’a rien d’indifférent.

Ajoutons à cela que Lampon, d’après la tradition, se cache dans le temple d’Anatolè, qui veut dire «ascension», et que le fâcheux assureur se réfère toujours à son oncle Anatole.

L’affaire Tournesol

Cela se corse avec Tournesol, Tryphon de son prénom, qui est évidemment Hermès, maître des lettres et des sciences, messager des dieux. Sur la tête d’Hermès, un chapeau, le même que celui de Tournesol; il a les pieds ailés, comme Tournesol avec ses patins à roulettes motorisés.

Tournesol a un parapluie, comme Hermès un bâton, dont le tissu est enroulé (il n’ouvre jamais son parapluie) de la même façon que les serpents le sont autour du caducée d’Hermès. Bien entendu, le vert du manteau est l’émeraude des alchimistes: la pierre d’Hermès ! Et son pendule le mène à l’ouest, où se trouve le trésor (la pierre philosophale)…

Pour clore le dossier, il faut savoir que le prédécesseur de Tournesol, comme savant, c’est Philémon Siclone (Siclone = cyclone = typhon = Tryphon); dans la mythologie grecque, Typhon est toujours représenté sur un âne, comme Siclone dans «les Cigares du pharaon»; Typhon se nomme Seth dans la mythologie égyptienne. Il enferme Osiris dans un coffre à sa taille qui flotte sur le Nil, comme Siclone dans son sarcophage, sur la mer…

On n’en finirait pas. La fausse/vraie gémellité des Dupondt, qui n’ont pas le même nom mais se ressemblent diablement, la fascination d’Hergé pour les nombres 7 et 3 et pour le soleil, son histoire familiale obscure, sont autant de pistes que les auteurs spécialisés ont explorées, comme autant de mystères à éclaircir – et qu’ils ont éclaircis de manières très différentes, il est vrai.

Il ne fait pas de doute qu’ils sont parfois partis de l’ésotérisme (au sens très large) pour en appliquer, autant qu’ils le pouvaient, les traditions. Le «Tooot» récurrent des sirènes de navires est-il vraiment une bonne représentation du grand Tout ? Il n’en reste pas moins que des «faits troublants et concordants» viennent souvent confirmer leurs hypothèses.

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