Le sanctuaire des « Immortels Daces »

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Des archéologues allemands ont découvert en Turquie en 1881 au mont Nemrut Dağı une ancienne cité mégalithique, s’étendant sur plus de 26 000 km2. Les historiens ont été impressionnés par la particularité unique des reliques culturelles gravées dans la pierre et retrouvées sur le site. Traduit du turc, Nemrut Dağı signifie « Immortels Daces » ou « Immortalité Dace » – ce qui pourrait indiquer que l’histoire des anciens Daces est bien plus complexe qu’on ne le pensait.

Dans les montagnes de l’Anti-Taurus se trouvant dans le sud-est de la Turquie, près de l’Euphrate et sur un plateau situé à 2 000 m d’altitude, les chercheurs ont découvert plusieurs bâtiments et statues  appartenant à la civilisation Commagène construits durant le règne du roi Antiochos 1erau premier siècle. Il s’agit des reliques historiques les mieux préservées d’Asie Mineure, mais également les moins connues.

Les constructeurs du sanctuaire l’ont appelé « Hierothesion » (ἱεροθέσιον) qui se traduit par « le lieu de rassemblement de tous les dieux près des trônes célestes »  ou « trônes des dieux ». La population menée par le roi Antiochos y montait faire les célébrations durant l’année ou pour l’anniversaire du roi.

Les trônes des dieux de la terrasse est. (Wikimedia Commons)

L’une des inscriptions en grec gravée à côté d’une statue s’adresse personnellement aux lecteurs et dit :

« Comme vous voyez, j’ai levé les images divines de Zeus, Aramazd, Apollon, Hélios, Athéna, Hermès … et dans notre maison nourrissante Comagène, nous trônons comme des divinités d’une seule et même mine de pierre alors que nous entendons les prières dédiées à leurs formes caractéristiques. »

Les reliques et les statues découvertes dans le berceau de cette ancienne civilisation révèlent une profonde signification spirituelle. Aux directions cardinales de l’est, de l’ouest et du nord de la montagne ont été construites trois larges terrasses contenant cinq statues représentant cinq dieux perso-grecs avec à leur droite et à leur gauche un aigle et un lion. Au sommet de la montagne, un monticule funéraire semblant être gravé dans les hauteurs de la montagne, s’élève au milieu des trois sanctuaires.

Des statues « d’Immortels Daces » alignées. (Zeynep/Flickr)

Sur un côté de la pierre se trouve l’une des plus anciennes sculptures de Léon-qui-marche, le premier symbole précédemment découvert dans la civilisation babylonienne de -600 av. J.-C., sur le territoire de l’Iran actuelle.

Le roi Antiochos a instillé l’idée de l’immortalité à son peuple, illustrée par des gravures de pierre le représentant dans des situations familières avec les dieux, une chose rare dans l’histoire. Des études ont montré que les détails historiques précis laissés dans la pierre par ces sculptures sont des centaines d’années plus anciennes que la période de la civilisation grecque. La civilisation de Commagène n’a également pas été menacée ou conquise par un autre grand empire.

Depuis la montagne, on peut apercevoir trois routes qui menaient aux sanctuaires, surveillées par un gardien qui avertissait ceux montant la montagne qu’ils seraient frappés par les flèches d’Apollon et de Hercule s’ils ne venaient pas avec de bonnes intentions.

Les monuments aux ancêtres montre que la civilisation Commagène, unique dans l’ancien monde, est liée à l’histoire des dirigeants Macédoniens, Seldjoukides et Perses allant d’Alexandre le Grand à Darius Ier.

Détails d’une inscriptions de Nemrut Dağı. (Wikimedia Commons)

Une autre inscription dans la pierre indique : « Le grand roi Antiochos, dieu, vertueux, avatar, ami des Romains et des Grecs, le fils du roi Mitradadis Calenicus et de la déesse Leodike, préservé pour l’éternité, les piédestals non consacrés contenant ses écrits inviolables, actes de sa clémence. »

Néanmoins, de nombreuses inscriptions et témoignages archéologiques n’ont pas permis aux experts de déterminer l’histoire exacte de cet endroit. Outre la ressemblance Dace, la montagne des « Immortels Daces » présente dans ce sanctuaire antique des vestiges qui pourraient être un chaînon manquant dans l’histoire des nations géto-daces.

Sur la montagne a été découvert un texte ancien qui rapporte que quelques années seulement après la mort du roi Antiochos Ier, une grande étoile est apparue dans le ciel. L’étoile Magi  « venant le l’est » serait ensuite partie pour Bethléem en suivant la direction du ciel. 

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