Le Hang, l’instrument de music devenu mythique

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Rarement la création d’un instrument de musique n’aura suscité autant
d’engouement. Quand Sabina Schärer et Felix Rohner, un couple suisse, ont inventé le hang, ils ne s’attendaient absolument pas à un tel déferlement de commandes. Au point qu’aujourd’hui, ils semblent presque regretter leur succès. Mais quelle idée aussi d’inventer un instrument si extraordinaire ?!

L’histoire du hang commence en 1976. Cette année-là, Felix Rohner découvre le
steeldrum, cet instrument caribéen tellement envoûtant. Tombé sous le charme, il décide de s’en fabriquer un lui-même en assemblant deux hémisphères en acier.
A partir de là, avec sa compagne Sabina Schärer, l’homme n’a pas arrêté ses recherches. Pendant plus de quinze ans, il a tenté toutes les formules, tous les matériaux et toutes les évolutions.
Il a même fait appel à des physiciens ! Mais en 2001, il arrive enfin à ses fins : le hang est né.

 

Contrairement à son ancêtre, le hang se joue sans baguette (hang veut dire main en dialecte bernois) et le son est beaucoup plus intense. A vrai dire, il est presque irréel. Regardez et écoutez cette démonstration. 
Il n’y a qu’à effleurer l’instrument pour lui faire sortir les sonorités les plus douces, étonnantes et enivrantes. Il s’agit bien d’une percussion, mais on est à mille lieues du djembé par exemple.
Très vite, et malgré son prix élevé (plus de 2 000 euros) l’instrument
va conquérir le cœur des passionnés, toujours plus nombreux Seulement voilà, les créateurs du hang n’avaient ni prévu, ni même forcément souhaité, un tel succès pour leur création. Alors, plutôt que de développer leur production, ils ont décidé… de
sélectionner leurs acheteurs !
Pendant un temps, celle ou celui qui souhaitait se procurer l’objet devait au préalable envoyer une lettre de motivation et se déplacer sur place à l’atelier. Mais même cette démarche n’a pas suffi à freiner l’enthousiasme des fanas du hang. Plus de 20 000 lettres ont été reçues à l’atelier ! Et seules les plus convaincantes ont été retenues.
Les heureux élus étaient alors invités à se rendre en Suisse pour choisir le hang qui leur convenait le mieux ; chacun ayant, paraît-il, ses propres subtilités.
Et gare à tous ceux qui débarquaient directement à l’atelier sans prévenir dans l’espoir de repartir avec un hang sous le bras… Ils pouvaient venir d’Alaska, d’Hawaï, de Chine ou d’ailleurs, (il en venait de partout), la réponse était toujours la même : niet !
Bref, rien n’y faisait. Ni le prix, ni les conditions, ni les distances…
Le hang exerçait toujours la même attraction ! Est-ce ce qui a décidé ses inventeurs a stoppé la production…? Toujours est-il que plus aucun hang ne sort de l’atelier PANArt (c’est
le nom de l’entreprise) qui, depuis, se consacre à d’autres instruments.
Tous les fans déçus n’ont donc plus que deux solutions : soit se
délester de ses économies pour acheter un hang d’occasion (mais on en trouve rarement pour la bonne raison que tout acheteur s’est engagé moralement à ne jamais revendre son instrument), soit se consoler avec les vidéos des plus chanceux. Des vidéos comme
celle-ci par exemple :
Quoi qu’il en soit, gare aux imitations et autres contrefaçons. Compte
tenu de la pénurie d’instrument et du niveau de la demande, elles ont fleuri ! Certaines semblent avoir mérité elles aussi leurs lettres de noblesse, mais cet instrument d’exception, très difficile à accorder et à créer, a vu aussi naître de pâles
copies ou bien des arnaques visant les potentiels acquéreurs.
Le seul hang, le vrai, a été fabriqué par l’entreprise
PANart qui sur son site a encore posté il y a quelques jours un message annonçant que le hang… c’était fini.
Mais que les fans se rassurent, la relève semble déjà bien assurée
avec le Gubal, la nouvelle création des deux fondateurs de PANArt.
Démonstration :

 

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