Analyse : cette prothèse de gros orteil vieille de 3 000 ans est une œuvre d’art

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Plusieurs chercheurs ont analysé une prothèse de gros orteil datant d’il y a près de 3 000 ans avec des technologies de pointe et le résultat est sans appel : celui qui l’a faite s’est vraiment donné du mal.

De nos jours, la technologie médicale est tellement avancée. Les champions paralympiques battent des records impressionnants et les statues les plus VIP ont même droit à une prothèse pour leur pénis. Le futur, c’est maintenant.

Mais nous sommes encore capables de nous émerveiller devant l’inventivité et le talent de nos ancêtres. Gizmodo rapporte qu’une prothèse de gros orteil datant de l’Âge du fer, retrouvée en Égypte en l’an 2000, a été à nouveau étudiée par des chercheurs grâce à des techniques de pointe, et les conclusions n’ont pas à faire rougir les artisans de l’époque.

Une prothèse « plusieurs fois remaniée »

En utilisant la microscopie moderne, la technologie des rayons X et la tomodensimétrie par ordinateur (un système permettant de recréer en 2D ou 3D l’état de tissus scannés aux rayons X), les chercheurs de l’université suisse de Bâle ont fait plusieurs découvertes. Ils étaient accompagnés dans leurs travaux d’experts du musée égyptien du Caire où est exposé l’orteil et de chercheurs en médecine évolutive de l’université de Zurich.

En effet, ils ont réalisé que la prothèse avait été remaniée de nombreuses fois pour être adaptée le plus parfaitement possible à son bénéficiaire. Un vrai travail d’orfèvre, pour que l’orteil en bois ressemble à l’original et qu’il soit confortable à porter. Selon les chercheurs, l’artisan à l’origine de cette prothèse était aussi forcément un connaisseur de la physionomie humaine. La mobilité de l’objet et la robustesse des sangles en cuir attestent de la qualité de la prothèse.

« Le fait que la prothèse a été faite de manière aussi laborieuse et méticuleuse montre que la propriétaire accordait de la valeur à un aspect naturel, une certaine esthétique et au confort », explique les chercheurs dans un communiqué de presse. « Et qu’elle était capable de compter sur des spécialistes hautement qualifiées pour lui fournir tout cela. »

Prothèse de luxe

Vous avez dit « la » propriétaire ? Cette prothèse appartenait en effet à une dame. L’objet a été découvert en 2 000 dans la nécropole Cheikh Abd el-Gournah, en Égypte, proche de Louxor. Les connaissances sur ce territoire, longuement étudié par des archéologues, ont permis de déterminer que la prothèse avait appartenu à la fille d’un prêtre de l’époque, vers 910 à 750 avant Jésus-Christ.

Volonté de bien-être médical ou pure exigence esthétique, la bénéficiaire de cette prothèse ne voulait que le meilleur, fabriqué par les meilleurs. Et apparemment, elle avait les moyens de se le payer.

Vue des excavations faites dans le cimetière Cheikh Abd el-Gournah. UNIVERSITY OF BASEL, LHTT. IMAGE: MATJAŽ KAČIČNIK)

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