Visqueux, sans aucun œil et avec une bouche située sous son corps : voici les caractéristiques de l’étrange poisson découvert par des scientifiques australiens.

L’immensemajorité des fonds marins restent encore totalement inexplorées et les profondeurs océaniques fascinent les scientifiques, notamment les membres de l’Organisation pour la recherche fédérale scientifique et industrielle en Australie (CSIRO). Ils se sont lancés dans une grande expédition, en partenariat avec le musée Victoria de Carlton, à la recherche de spécimens rares. Fouillant au plus profond des eaux de la côte est du pays, ils ont fini par découvrir un étrange poisson sans visage, rapporte le Guardian, mercredi 31 juin.

 « Ça sort vraiment de l’ordinaire », affirme à Mashable Dianne Brey, membre du département de zoologie du musée Victoria qui a participé à l’expédition. « Il est apparu à environ 4 000 mètres de profondeur, au large des côtes de Newcastle, dans l’État de la Nouvelle-Galles du Sud, et nous n’avions aucune idée de ce que ça pouvait être. On pouvait littéralement voir qu’il ne possédait aucun œil ».

Mais il a une bouche située à sous son corps. Oui, oui.

MUSEE VICTORIA ( Cliquez pour agrandir )

Pêché au XIXe siècle

Suite à des analyses génétiques, le mystérieux vertébré a pu être identifié. L’espèce avait en effet déjà été découverte il y a près de 144 ans, à l’occasion d’une autre expédition dite du Challenger, première campagne océanographique mondiale menée par des Britanniques entre 1872 et 1876. Ce poisson a donc un nom scientifique : le typhlonus nasus, rebaptisé par les scientifiques « brosme sans tête ». Outre l’Australie, il vit en mer d’Oman, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie, au Japon et à Hawaï. Il est donc plutôt répandu dans les eaux internationales mais n’est quasiment jamais remonté à la surface. 

Après cette redécouverte, l’excitation des scientifiques autour des mystères des profondeurs océaniques monte d’un cran. « Les eaux qui entourent l’Australie n’ont pas vraiment été analysées. Nous n’avons vraiment pas une idée exacte de ce qui s’y trouve », affirme Dianne Brey. « Nous connaissons certains des poissons que nous allons pêcher. Mais, si l’on prend seulement la journée d’hier, nous en avons fait remonter cinq dans l’après-midi, à 4 000 mètres de profondeur et aucun d’entre eux n’était répertorié en Australie. »

Les données issues de cette expédition contribueront peut-être à améliorer la compréhension de la biodiversité, des habitats et des processus écologiques qui caractérisent l’espace marin australien, résume dans un communiqué Tim O’Hara, directeur de l’expédition du CSIRO. Leur aventure s’achèvera le 16 juin.

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