Découverte en 2000 après plusieurs siècles d’engloutissement, la cité antique égyptienne Héracléion a déjà dévoilé de nombreux trésors aux archéologues.

«Osiris, mystères engloutis d’Egypte». L’exposition proposée à l’Institut du monde arabe, dans le Ve arrondissement de Paris, pendant plusieurs mois fin 2015-début 2016, a fasciné des dizaines de milliers de visiteurs. Ils pouvaient y découvrir notamment des objets provenant de la cité antique d’Héracléion, en baie d’Aboukir, à 40 km d’Alexandrie. Une ville engloutie depuis longtemps à 7 km des côtes actuelles égyptiennes sous 8 mètres d’eau, et retrouvée par les archéologues il y a peu, en 2000.

Le site est immense, et la zone de fouilles actuelles couvre pas moins de 2 km2. Comme elle a été préservée des pillages, les scientifiques s’attendent encore à de nombreuses découvertes, même si leur tableau de pêche s’avère déjà impressionnant : quelque 15 000 pièces ont été récupérées sur place, allant du simple morceau de céramique à la stèle colossale en granit rose de 6,10 m de haut, 3,10 m de large et pesant 15 tonnes.

VIDEO. Découverte d’Héracléion, une cité engloutie au large de l’Égypte

Riche métropole

Selon les historiens, Héracléion a été abandonnée à la suite d’un tremblement de terre qui a déclenché un raz-de-marée il y a environ 1200 ans. Jusqu’alors, c’était une riche et puissante métropole, centre commercial aussi bien que religieux, bénéficiant d’une position stratégique sur la Méditerranée : c’est par son port que devaient transiter les bateaux grecs pour livrer ou acquérir leurs marchandises au pays des pharaons.

Son déclin avait cependant déjà commencé bien longtemps avant, lors du règne d’Alexandre le Grand, au IVe siècle avant notre ère. Le conquérant avait en effet ordonné que le commerce soit transféré dans la ville voisine créée par lui et portant son nom, Alexandrie.

«Une découverte archéologique majeure»

La cité engloutie Héracléion est «une découverte archéologique majeure», explique l’un de ceux qui l’ont trouvée, l’archéologue français Franck Goddio, 70 ans, président de l’Institut européen d’archéologie sous-marine. «On est une équipe de 60 personnes de 10 nationalités différentes. Nous faisons une ou deux missions par an, d’environ quarante-cinq à soixante-cinq jours, munis d’un permis de fouilles du ministère des Antiquités égyptiennes», explique-t-il.

Franck Goddio

«Trouver un site comme celui-là, c’est très émouvant», avoue l’archéologue. D’autant que, dès la première année des fouilles, des objets «extraordinaires» ont été récupérés. Par la suite, «des temples, des statues royales, des ports et habitats, des objets de culte en or, en argent, beaucoup en bronze, des monnaies, des objets usuels», ont été dénichés et, pour beaucoup, remontés à la surface.

Parmi les plus belles trouvailles, selon Franck Goddio, «une chapelle en granit rose d’un seul bloc», sur laquelle figurait une inscription, prouvait qu’il s’agissait du temple du dieu Amon Géreb. Les chercheurs savaient que ce lieu de culte existait uniquement dans la ville d’Héracléion et qu’il revêtait une importance exceptionnelle pour les dynasties régnantes. «Tout pharaon devait venir pour recevoir de ce dieu les titres de son pouvoir de souverain universel», indique l’archéologue.

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