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Des documents récemment déclassifiés montrent comment la Darpa, l’agence en charge de nouvelles technologies pour l’armée américaine, est passée maitre dans l’élaboration d’insectes cyborgs.

RÉVÉLATIONS. En juin 2016, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), lors d’Eurosatory, le salon international pour l’armement et la sécurité, le laboratoire de recherche de l’armée américaine (Darpa) a présenté son projet d’hélicoptère-insecte:

un drone équipé de plusieurs pattes mécanisées, sur le modèle des arthropodes, capable de décoller ou d’atterrir sur des surfaces inclinées, accidentées ou en mouvement, tel le pont d’un bateau voguant sur des eaux agitées ! Pour le Pentagone, ce n’est pas un coup d’essai. Une série de documents récemment déclassifiés montrent, en effet, que des scientifiques de l’armée américaine s’inspirent des papillons, libellules et autres bestioles à des fins d’espionnage… depuis au moins 70 ans !

Des engins quasiment indétectables et peu coûteux

Cette somme de 88 pages vient d’être déclassifiée dans le cadre du Freedom of Information Act, loi américaine obligeant les agences fédérales à rendre publiques des informations qui ne compromettent pas la sécurité nationale si un citoyen en fait la demande. La procédure a été initiée par Susan Maret, professeure à l’université d’Etat de San José (Etats-Unis) qui tient un blog très suivi sur les activités secrètes du gouvernement. Ces documents décrivent plusieurs engins mécaniques imitant des insectes (des mouches, par exemple) ou de petits mammifères (comme des chauves-souris), capables d’effectuer des vols de reconnaissance derrière les lignes ennemies ou en zones urbaines.

L’intérêt de telles machines est qu’elles sont  » difficiles à détecter « ,  » relativement peu coûteuses « ,  » remplaçables « , et  » faciles contrôler « , précise un rapport de la Darpa. Un autre document fait référence à des  » expériences clés conduites dans les années 1940 « , avant la création de la Darpa (en 1958), qui bénéficie aujourd’hui d’un budget annuel de 3,2 milliards de dollars.

Le document le plus récent date de 2008. Il fait état de recherches menées par la Darpa et l’université Cornell, au nord-est des Etats-Unis, et montre que l’agence américaine ne s’attache plus seulement à imiter des animaux pour des missions d’espionnage mais à intégrer aussi des systèmes bioélectroniques dans des organismes vivants ! On apprend ainsi que des puces reproduisant des jonctions neuromusculaires ont été implantées sur des chrysalides de papillons de nuit, avant leur métamorphose, afin de contrôler leurs mouvements ! Aucun mot, bien sûr, sur le succès de ces expériences, ni sur leur éventuelle utilisation…

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