Un nouveau musée consacré aux inventions technologiques de pointe de l’ancien scientifique grec Archimède, vient d’ouvrir dans l’ancienne Olympie, en Grèce, selon un article du Greek reporter. Plus de cinquante inventions incroyables de la Grèce antique ont été reconstruites, y compris  la vis d’Archimède, le robot domestique de Philon, le théâtre automatique d’Heron, d’anciennes machines de guerre, et le fameux  « ordinateur » d’Anticythère, couvrant la période de 2000 ans avant J.-C. jusqu’à la fin de l’ancien monde grec. L’exposition met en valeur l’éclat des inventeurs de notre passé, et les créations étonnantes qui ont jeté les bases de la technologie que nous voyons aujourd’hui.

Le musée est une initiative de l’ingénieur Kostas Kotsanas qui a également créé le Musée de la technologie grecque ancienne à Katakolon, en Grèce méridionale. Selon Kotsanas, le musée a pour but de mettre en évidence  les aspects les plus inconnus du travail scientifique d’Archimède, qui montre que la technologie des Grecs anciens n’était pas loin des débuts de la technologie moderne.

Voici cinq des inventions impressionnantes en vedette dans la nouvelle exposition :

La vis d’Archimède

Archimède de Syracuse (c. 287 av. JC – 212 av. JC) était un mathématicien grec ancien, physicien, ingénieur, inventeur et astronome. Bien que peu de détails de sa vie soient connus, il est considéré comme l’un des plus grands scientifiques de l’antiquité. Une grande partie des travaux d’Archimède en ingénierie est née de répondre aux besoins de sa ville natale : Syracuse. Le roi Hiéron II à chargé Archimède de concevoir un énorme navire, le Syracusia, qui pourrait transporter 600 personnes et serait utilisé pour des voyage de luxe, transporter des fournitures, et en tant que navire de guerre navale.

Puisqu’un navire de cette taille laisserai rentrer une quantité considérable d’eau à travers la coque,  la vis d’Archimède a été développée afin de vider la cale de son eau. La machine d’Archimède est un dispositif avec une lame en forme de vis tournant à l’intérieur d’un cylindre. Il était tourné à la main, et pouvait également être utilisé pour transférer l’eau d’une basse étendue dans les canaux d’irrigation. La vis d’Archimède est encore utilisée aujourd’hui pour le pompage des liquides et des solides granulés comme le charbon et le grain.

Image principale : vis d’Archimède. (lanmacm via Wikimedia Commons) ; En haut à droite : Jeune homme pompant de l’ eau avec une pompe spirale / pompe d’archimède. (Shutterstock)

 

Le robot domestique de Philon

L’automate Philon de Byzance.

Philon de Byzance, aussi connu comme Philon Mechanicus, était un ingénieur grec et auteur sur la mécanique, qui a vécu au cours de la seconde moitié du 3ème siècle avant J.-C.. Parmi ses nombreuses inventions il y avait un robot semblable à l’homme sous la forme d’une femme de chambre, qui tenait une cruche de vin dans sa main droite.

Lorsque le visiteur plaçait une tasse dans la paume de sa main gauche, elle versait automatiquement du vin au départ, puis versait de l’eau dans la tasse selon la dilution souhaitée. Le robot a été créé à travers une construction complexe comprenant des récipients, des tubes, des tuyaux d’air, et des ressorts d’enroulement, qui interagissent à travers des variantes de poids, de pression d’air et de vide. Il en résulte le plus ancien robot créé par l’homme.

Le Théâtre automatique d’Héron

Héron d’Alexandrie (c 10 – 70 après J.-C.) était un mathématicien grec et ingénieur considéré comme l’un des plus grands expérimentateurs de l’antiquité. L’une de ses créations les plus artistiques était un théâtre automatique qui a présenté Nauplius, un conte tragique se déroulant dans la période d’après la guerre de Troie.

Lorsque (probablement) étonnés les amateurs de théâtre regardaient, les portes du théâtre miniature s’ouvraient, et les personnages animés interprétaient une série d’événements dramatiques, y compris la réparation du navire de l’Ajax par des nymphes brandissant des marteaux, la flotte grecque naviguant dans les mers accompagnés de dauphins qui sautent, et la destruction finale d’Ajax par un éclair jeté sur lui par la déesse Athéna.

La pièce, entièrement mécanique, et s’étendant sur presque dix minutes, était actionnée par un système binaire de cordes, nœuds, et la machine était actionnée par un cylindre denté rotatif. Même le bruit du tonnerre était produit, créé par la chute synchronisée de billes métalliques sur un tambour caché.

Théatre automatique d’Heron. (Capture d’ écran / atelbauers / YouTube)

La griffe d’Archimède

La griffe d’Archimède (également connu sous le nom de la « main de fer ») était une ancienne arme conçue par Archimède pour défendre le mur côté mer de la ville de Syracuse contre les assauts amphibies. Bien que sa nature exacte ne soit pas claire, les récits des historiens anciens semblent décrire comme une sorte de grue équipée d’un grappin qui pouvait soulever en partie hors de l’eau des navires ennemis, puis soit amener le navire à chavirer, soit le laisser tomber soudainement.

Ces machines occupent une place importante au cours de la deuxième guerre punique en 214 avant J-.C., quand la République romaine a attaqué Syracuse avec une flotte de 60 quinquérèmes sous Marcus Claudius Marcellus. Lorsque la flotte romaine approchait les murs de la ville sous couvert de l’obscurité, les machines ont été déployées, provoquant le naufrage de nombreux navires et semant la confusion dans l’attaque. Des historiens comme Polybe et Livy ont attribués de lourdes pertes romaines à ces machines, ainsi qu’à des catapultes également imaginées par Archimède.

Peinture murale de la griffe d’Archimède coulant un navire , prenant le nom de « main de fer » littéralement dans les sources anciennes. (Magnus Manske via wikimedia, commons)

Le miroir incendiaire d’Archimède

L’auteur du 2ème siècle après J-.C., Lucian, a écrit que pendant le siège de Syracuse (c. 214-212 av. J.-C.), Archimède a détruit les navires ennemis avec le feu. Des siècles plus tard, Anthemius de Tralles mentionne des lunettes brûlantes comme l’arme d’Archimède. Le dispositif, parfois appelé le « rayon de chaleur d’Archimède », a été utilisé pour concentrer la lumière du soleil sur les navires qui approchent, les obligeant à prendre feu.

Il a été suggéré qu’un large éventail de boucliers en bronze ou en cuivre très poli agissant comme des miroirs auraient pu être utilisés pour concentrer la lumière du soleil sur un navire. Il s’agirait du principe du réflecteur parabolique d’une manière similaire à un four solaire.

Un test du rayon thermique d’Archimède a été réalisé en 1973 par le savant grec Ioannis Sakkas. L’expérience a eu lieu à la base navale Skaramagas en dehors d’Athènes. À cette occasion, 70 miroirs ont été utilisés, chacun avec un revêtement de cuivre et d’une taille d’environ cinq par trois pieds (1,5 m par 1m). Les miroirs ont été pointés sur une maquette en contreplaqué d’un navire de guerre romain à une distance d’environ 160 pieds (50 m). Lorsque les miroirs ont été concentrés avec précision, le navire a pris feu en quelques secondes.

Image principale : Peinture murale du miroir d’Archimède utilisé pour brûler un navire militaire romain. (Magnus Manske par wikimedia commons). En bas à gauche : Un schéma conceptuel d’un rayon de chaleur d’Archimedes . (Tablizer via Wikimedia Commons)

Le musée qui vient d’être lancé comprend 24 répliques d’inventions d’Archimède telles que la vis d’Archimède, le planétarium mécanique d’Archimède, la dioptrie, le compteur kilométrique, le paradoxe hydrostatique, les miroirs ardents et les machines de guerre, ainsi que les inventions d’autres anciens savants grecs. Le maire de la ville Thymios Kotzias a dit que le musée contribuera à apporter plus de touristes à l’ancienne Olympie.

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