Anders Kvernberg est documentaliste à la bibliothèque nationale de Norvège. Un emploi qui lui permet de s’adonner à sa passion pour la cartographie en consultant le fonds de 150 000 cartes et atlas. Souvent, il partage l’objet de ses recherches avec d’autres passionnés sur un forum du site communautaire Reddit.

Quand il découvre un atlas daté de 1803, dont l’écriture rappelle le turc ottoman, Kvernberg poste plusieurs illustrations du recueil sans se douter qu’il s’agit du Cedid Atlas Tercümesi, l’un des atlas les plus rares du monde. Commandé par le gouvernement ottoman à cinquante exemplaires, il n’en reste aujourd’hui qu’une dizaine répartis dans différentes bibliothèques à travers la planète.

Deux semaines après le post de Kvernberg, un autre internaute publie sur Reddit une carte ottomane de l’Afrique. Identifiée comme faisant partie du Cecid Atlas Tercümesi, elle est identique en tout point à celle dénichée par Kvernberg. Sur le forum, ce dernier n’en revient pas : “J’ai réalisé que c’était l’exacte réplique que je tenais dans les mains quelques semaines plus tôt !”

Kvernberg avertit de sa trouvaille Benedicte Gamborg Briså, experte en cartographie à la bibliothèque. Interrogés par le quotidien américain Washington Post, ils affirment avoir identifié le précédent propriétaire de l’atlas : un marchand de textile norvégien qui voyageait régulièrement dans les Balkans à la fin des années 1930. Sans doute avait-il souhaité, à la veille de l’invasion allemande en 1940, mettre l’ouvrage à l’abri dans les collections de la bibliothèque. Jusqu’à ce que, soixante-quinze ans plus tard, un jeune documentaliste vienne le sortir de l’oubli.

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