Des fouilles archéologiques de sauvetage menées dans le centre de la ville russe de Yaroslavl avant l’installation d’un nouveau système d’égouts ont mis au jour un ancien sceau en plomb du début du 13ème siècle.

Il avait appartenu à l’épouse de Vladimir Sviatoslavitch (ou Vladimir Le Grand) et mère de Iaroslav le Sage.

Grâce à cette découverte, on connait maintenant le nom de la Grande Duchesse qui était Maria.

« Dans la Russie médiévale, tous ceux qui avaient une position d’autorité (grands princes et princesses, et les hauts rangs du clergé) avaient leur propre sceau, qui était apposé sur tous les documents officiels et décrets. Nous avons plusieurs milliers de tels sceaux datant de l’ère pré-mongole, mais en trouver un ayant appartenu à une femme est cependant très remarquable » précise le Dr Pyotr Gaidukov, directeur adjoint de l’Institut d’Archéologie.

Le Dr Gaidukov fait autorité sur les timbres et les sceaux de la Rus’ de Kiev, et est responsable de cette récente découverte. Le sceau a été trouvé dans Yaroslavl lors des travaux préliminaires pour la mise en place d’un nouveau système d’assainissement au Mitropolichy Palat (Chambre Métropolitaine des Évêques), la plus ancienne structure de la ville.

Yaroslavl

Le centre de Yaroslavl a récemment marqué son millième anniversaire; c’est un site du patrimoine fédéral qui relève également de la protection du patrimoine de l’UNESCO. Ce statut spécial signifie que tout travail de construction dans le centre ville doit avant tout faire l »objet d’une inspection archéologique (l’équivalent des fouilles préventives en France).

Une découverte de grande importance.

La Dr. Asya Engovatova qui a dirigé les fouilles a aussi trouvé de nombreux fragments de récipients en verre importés, et même les restes d’une construction en bois qui devait être très grande pour les 12ème et 13ème siècle.

Ces découvertes donnent aux archéologues des raisons de croire que près de la Chambre Métropolitaine, qui date du 17ème siècle, devait se tenir la célèbre cour du Prince Vsevolod. Il avait été tué en 1238 au cours de la légendaire bataille contre le chef de guerre mongol Batu-Khan sur les rives de la rivière Sit.

Batu-Khan

Le sceau en plomb a été trouvé en bon état, près des fondations de la structure en bois; il porte les images de Saint Contantine et Marie. Il a été mise au jour dans une couche culturelle datant du tournant du XIIIe siècle.

Le Dr Gaidukov a expliqué que les sceaux royaux au 12ème et 13ème siècles en Russie portaient généralement les images des saints patrons du propriétaire, d’après lesquels les dirigeants tiraient leur prénom.

Le fait que ce sceau montre à la fois un saint homme et femme signifie qu’il a appartenu à une princesse royale, puisque l’image de l’autre saint se référait à son mari. « La datation exacte de ce sceau, ainsi que de son lieu de découverte, nous donne des raisons de croire qu’il appartenait à la femme de Vladimir Le Grand (1186-1218) » rapporte le chercheur.

Le nom de sa femme était inconnu jusqu’à présent. Tout ce que l’on savait sur elle était que, après la mort de son mari, elle avait pris le voile sous le nouveau nom d’Agafya (Agatha).

« Cependant, l’image de Sainte Marie sur le sceau prouve que son nom de baptême était Marie. Enfin, la princesse mystérieuse a repris son nom. » ajoute le Dr Gaidukov, « ce type de sceau en plomb était essentiel pour un dirigeant, il donnait autorité à tous les documents légaux, comme ceux qui confirmaient la propriété des terres. Une duchesse qui avait son propre sceau avait automatiquement le droit d’accorder des droits de propriété en son nom propre ».

Le Dr Gaidukov conclu en soulignant que la découverte d’un sceau d’une telle important met en lumière le statut juridique de la femme dans la Russie pré-mongole.

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