Nous avons perdu la connaissance de certaines des inventions les plus utiles de l’histoire. Malgré toutes nos découvertes et notre ingéniosité, nos ancêtres d’il y a plusieurs milliers d’années continuent à nous surprendre par leur ingéniosité et découvertes. Ce n’est que très récemment que nous avons pu développer des équivalents modernes à certaines de ces inventions.

1. Le feu grégeois : une mystérieuse arme chimique

Illustration d’un manuscrit enluminé, Chronique de Skylitzès de Madrid, montrant le feu grégeois en usage contre la flotte du rebelle Thomas le Slave. La légende au-dessus du navire de gauche dit : « La flotte des Romains met le feu à la flotte des ennemis. » (Wikimedia Commons)


Les Byzantins ont utilisé une mystérieuse substance sur leurs ennemis au cours de batailles navales, du VIIe au XIIe siècle. Ce liquide, lancé à travers des tubes ou des siphons, brûlait dans l’eau et ne pouvait être éteint qu’avec du vinaigre, du sable et de l’urine. Nous ne savons toujours pas de quoi était faite cette arme chimique, appelée feu grégeois. Les Byzantins gardaient jalousement le secret de sa fabrication et ne mettaient dans le secret que quelques personnes soigneusement choisies, ce qui a fini par faire disparaître ce savoir.

2. Le verre flexible : une substance trop précieuse

Une statue en marbre de l’empereur Tibère, 37 ap. J.-C. (Wikimedia Commons)

Il existe trois anciens témoignages sur une substance connue comme le vitrum flexile, le verre flexible, qui ne sont pas assez clairs pour déterminer si cette matière a réellement existé. L’histoire de son invention est racontée pour la première fois par Pétrone († 66).

Il écrit à propos d’un verrier qui a présenté à l’empereur Tibère (qui a régné de 14 à 37) un récipient en verre. Il a demandé à l’Empereur de le lui rendre puis il l’a jeté à terre. Le verre ne s’est pas cassé, il n’avait qu’une bosse et le verrier n’a eu qu’à le marteler légèrement pour lui rendre sa forme. Craignant la dévaluation des métaux précieux, Tibère a ordonné que l’inventeur soit décapité pour que le secret du vitrum flexile meure avec lui.

Pline l’Ancien († 79) parle également cette histoire. Il ajoute que, bien que cette histoire soit fréquemment racontée, elle n’est peut-être pas entièrement vraie.

La version racontée près de 200 ans plus tard par Dio Cassius a transformé le verrier en une sorte de magicien. Quand le récipient a été jeté au sol, il se serait brisé et le verrier l’aurait réparé à mains nues.

En 2012, la compagnie de fabrication de verre Corning a annoncé son « Willow Glass ». Résistant à la chaleur et assez flexible pour être enroulé, il a depuis prouvé son efficacité dans la fabrication de panneaux solaires.

Si le malheureux verrier romain a bien inventé le verre flexible, il semble qu’il ait été des milliers d’années en avance sur son temps.

3. Un antidote à tous les poisons

Une représentation de Mithridate VI. (Wikimedia Commons)

Un soi-disant « antidote universel » efficace contre tous les poisons aurait été développé par le roi du Pont Mithridate VI (règne 120-63 av. J.-C.) et perfectionné par le médecin personnel de l’empereur Néron. La formule originale serait perdue, explique Adrienne Mayor, folkloriste et historienne des sciences à l’université de Stanford, dans son article de 2008 Greek Fire, Poison Arrows & Scorpion Bombs : Biological and Chemical Warfare in the Ancient World. Les anciens historiens nous disent cependant qu’il avait pour ingrédients de l’opium, des vipères hachées ainsi qu’une combinaison de petites doses de poisons et de leurs antidotes.

La substance était connue comme Mitridatium, en référence au roi Mithridate VI.

Mayor a fait remarquer que Serguei Popov, un ancien chercheur de pointe dans le domaines des armes biologiques ayant participé à l’important programme Bioprepat de l’Union Soviétique et qui a déserté pour les États-Unis en 1992, essayait de faire un Mitridatium moderne.

4. Une arme à rayons de chaleur

Une représentation d’Archimède mettant le feu aux navires romains devant Syracuse à l’aide de miroirs paraboliques. (Wikimedia Commons)

Le mathématicien grec Archimède († 212 av. J.-C.) a développé une arme à rayons de chaleur, qui n’a pas pu être reproduite avec les compétences de l’émission « Mythbusters » de Discovery Channel lors d’une tentative de reconstitution en 2004. Mayor a décrit l’arme comme « une rangée de boucliers de bronze polis qui reflètent les rayons du soleil sur les navires ennemis. »

Bien que « Mythbusters » ait échoué à reproduire l’arme ancienne et l’ait qualifié de mythe, des étudiants du MIT ont réussi en 2005. Ils ont incendié un bateau à San Francisco en utilisant cette arme vieille de 2200 ans.

Une arme à rayons de chaleur dévoilée en 2001 par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) utilise des micro-ondes pour pénétrer « la peau de la cible, la chauffant à 55 °C et lui donnant l’impression que sa peau est en flammes », a expliqué Mayor.

5. Du béton romain

Béton vieux de près de 2000 ans à Rome. (Xerones/Flickr)

Les vastes structures romaines, qui ont perduré des milliers d’années, sont un témoignage des avantages du béton romain sur le béton utilisé de nos jours, qui montre des signes de détérioration après 50 ans.

Des chercheurs ont travaillé ces dernières années à découvrir le secret de la longévité de ce béton. L’ingrédient clé est la cendre volcanique.

Un article publié en 2013 par le Centre d’Information de l’université de Californie-Berkeley annonçait que les chercheurs de l’université avaient décrit pour la première fois comment le composé calcium-aluminum-silicate-hydrate (C-A-S-H) liant le matériau était extraordinairement stable. Le processus de fabrication créerait une émission de dioxyde de carbone plus faible que le processus de fabrication du béton moderne. Certains inconvénients de son usage sont qu’il prend plus longtemps à sécher, et bien qu’il soit plus pérenne, il est plus fragile que le béton moderne.

6. L’acier de Damas

Une épée faite en acier de Damas. (NearEMPTiness/Wikimedia Commons)

Dans les temps médiévaux, des épées faites à partir d’une substance appelée l’acier de Damas était produite dans le Moyen-Orient à partir d’un matériau brut venant d’Asie appelé l’acier Wootz. Il était incroyablement solide. Ce n’est qu’à la fin de la Révolution Industrielle qu’un métal aussi solide serait forgé de nouveau.

Le secret dans la fabrication de l’acier de Damas du Moyen-Orient n’est réapparu que récemment par l’observation de microscopes électroniques à balayage. Il a d’abord été utilisé aux environs de 300 av. J.C. et sa connaissance semble avoir été inexplicablement perdue vers la moitié du XVIIIe siècle.

La nanotechnologie était impliquée dans la fabrication de l’acier de Damas, dans le sens que des matériaux étaient ajouté au cours de la fabrication de l’acier pour créer des réactions chimiques à un niveau quantique, explique l’expert en archéologie K. Kris Hirst dans un article écrit pour About Education. C’est une forme d’alchimie.

Hirst a cité une étude menée par Peter Paufler de l’université de Dresde et publiée dans le magazine Nature en 2006. Paufler et son équipe ont émis l’hypothèse selon laquelle les propriétés naturelles du matériau source d’Asie (l’acier Wootz), lorsqu’elles sont combinées avec des matériaux ajoutés au cours du processus de fabrication dans le Moyen-Orient, causent une réaction : « Le métal a développé une microstructure appelée « nanotubes de carbure », d’extrêmement petits tubes de carbones qui s’expriment à la surface de la lame et lui confère sa solidité », avance Hirst.

Les matériaux ajoutés durant la fabrication de l’acier de Damas incluent l’écorce de Cassia fistula, du laiteron, du vanadium, du chromium, du manganèse, du cobalt, du nickel ainsi que certains éléments rares à l’état de traces venant probablement des mines en Inde.

Hisrt écrit : « Ce qui s’est passé au milieu du XVIIIe siècle est que la réaction chimique du matériau brut s’est altéré – les quantités minimes de un ou plus de ces minéraux ont disparu, peut-être parce leur filon naturel était épuisé. »*

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci Laurent et autres découvreurs acharnés et patentés .celui qui veut, grâce à internet a la possibilité de s’instruire et je trouve ça fabuleux . Nonobstant, la très grande majorité par peur de découvrir préfère rester dans son pré carré . vous etes les tintins des temps modernes et je suis ad-dicte par gout mais aussi par soif de savoir

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