Peut-on se fier aux « pierres de soleil » pour naviguer par temps nuageux ? C’est ce qu’ont tenté de savoir des chercheurs hongrois qui ont (très sérieusement) testé ces minéraux aux propriétés optiques étonnantes utilisés il y a bien des siècles par les Vikings.

L’art de naviguer sans boussole

« Maintenant, nous connaissons l’exactitude de cette méthode de navigation pour n’importe quel type de couverture nuageuse et quel que soit l’endroit où se trouve le soleil dans le ciel », explique Denes Szaz de l’université Loránd Eötvös de Budapest, coauteur de l’étude publiéece mercredi dans Proceedings of the Royal Society A.

Entre la fin du VIIIe et le courant du XIe siècle, les Vikings ont parcouru des milliers de kilomètres, découvrant sans doute l’Amérique du Nord bien avant Christophe Colomb. Le tout sans boussole, cette dernière n’étant apparue qu’au XIIIe siècle.

Selon les sagas scandinaves, ces grands navigateurs s’orientaient à l’aide de « pierres de soleil » leur permettant de déterminer la position exacte de l’astre.

La calcite plus précise que la cordiérite ou la tourmaline

En 1967, l’archéologue danois Thorkild Ramskou avait estimé que ces « pierres de soleil » pouvaient être des calcites, des cordiérites ou encore des tourmalines. Des cristaux qui, correctement orientés par rapport aux rayons lumineux, permettent de trouver la position du soleil même masqué par des nuages.

« Depuis lors, cette théorie a été acceptée et fréquemment citée sans que jamais ne soit mesurée la fiabilité de cette méthode de navigation », explique Denes Szaz.

Des chercheurs hongrois s’y sont donc employés, en effectuant 1.080 mesures illustrant différentes conditions météorologiques et positions du soleil dans le ciel. Le tout pour les trois pierres, la calcite, la cordiérite et la tourmaline.

Selon l’étude, « d’une façon générale, la calcite permet une navigation plus précise que la cordiérite ou la tourmaline ».

Les « pierres de soleil » sont très fiables lorsque « le ciel n’est pas totalement couvert » et que « le soleil est de 35 à 40° au-dessus de l’horizon au solstice d’été » ou « deux heures avant midi à l’équinoxe de printemps », explique le chercheur. Par contre, quand le soleil est au plus haut dans le ciel vers midi ou encore qu’il se lève ou se couche derrière un ciel plombé, les Vikings ont très certainement dû perdre le cap.

« Nous cherchons maintenant à définir si les erreurs de navigation engendrées par ces techniques sont suffisamment faibles pour que les Vikings aient pu atteindre le Groenland ou l’Amérique du Nord en 3 à 4 semaines », explique le chercheur.

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