Yersinia pestis, la bactérie responsable des épidémies de peste

Selon le gouvernement malgache, l’épidémie de peste qui frappe la Grande Ile depuis le mois d’août a pour l’instant fait 42 morts. Près de 350 personnes ont été infectées, dans les zones rurales mais aussi dans les grandes villes.

La peste frappe Madagascar. Aux frontières, les contrôles ont été renforcés, notamment aux Comores et à bord des avions. La compagnie Air Seychelles n’assure plus la liaison depuis vendredi.

Depuis les années 1980, la maladie revient toujours à cette période de l’année. Les habitants parlent même de « saison pesteuse » qui s’étend jusqu’en avril. Le bilan provisoire est de 42 morts.  

Deux formes de pestes sont connues. Il y a d’abord la peste bubonique, la même qu’au Moyen-Âge. Les symptômes sont connus et les traitements sont faciles d’accès. Elle est moins contagieuse que l’autre forme, plus récente, et foudroyante : la peste pulmonaire. A Madagascar, c’est malheureusement la plus répandue. La bactérie passe par la salive.

Recrudescence de la peste pulmonaire

Cette année, l’épidémie est plus virulente. Les cas de peste pulmonaire sont désormais majoritaires. Les infections ont commencé bien plus tôt que d’habitude. Dès fin août au lieu de mi-septembre comme souvent. C’est surtout la localisation de l’épidémie qui a changé selon les témoignages sur place. L’Institut Pasteur suit de près la situation. « La nouveauté, c’est que l’épidémie se propage désormais dans les grandes villes, indique Javier Pizarro Cerda, de l’unité peste de l’Institut. Elle se propage donc plus vite, vu la multiplicité des contacts. »

Ce sont les rongeurs qui transmettent la maladie en premier. Mais on ne sait pas encore pourquoi la peste est plus étendue cette année. Plusieurs paramètres entrent en jeu et sont en train d’être analysés. 

Pays ou la peste est présente

Hôpitaux et infrastructures surchargées

Les hôpitaux de la région s’occupent tant bien que mal des personnes atteintes. Elles doivent subir un traitement aux antibiotiques. Sans cela, la mort peut intervenir en 48 heures. L’hôpital d’Antananarivo, la capitale, est débordé par l’afflux de patients, selon les médias locaux.

Certains malades sont stigmatisés. La population les rejette parfois. En milieu rural, le manque de structures adaptées et la pauvreté rendent le suivi des patients assez difficile. Le Premier ministre jure que les moyens ont été et sont à la hauteur de l’enjeu. Comme chaque année, le confinement et la quarantaine ont été privilégiés. Deux universités ont été fermées et sept prisons sont confinées. Les hôpitaux manquent eux de matériel d’urgence, selon l’OMS.

« Nous sommes en lien permanent avec Madagascar. Les dispositifs se mettent en place et la réponse est adaptée », explique Javier Pizarro Cerda, qui reconnaît toutefois que certaines zones « restent difficiles d’accès ».

Madagascar et ses voisins sont encore loin de la pandémie, mais l’OMS a déjà livré 1 million de doses d’antibiotiques, le seul remède. L’objectif est de traiter, à terme, jusqu’à 5 000 patients.

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