C’est un mystère depuis des siècles. Le corps du saint chrétien Nicolas, qui a inspiré le fameux personnage du Santa Claus américain et notre Père Noël, demeure introuvable. Des archéologues turcs assurent avoir trouvé son tombeau.

Depuis des siècles, les historiens cherchent l’endroit où peut bien reposer Nicolas de Myre. Ce saint chrétien du IVe siècle, est devenu saint Nicolas, dont la figure a servi de modèle au fameux Père Noël, après bien des métamorphoses et des déformations historiques.

En Turquie, lors de travaux effectués dans une église du sud-ouest du pays, dans la province d’Antalya, des archéologues ont accumulé des indices qui laissent penser que la tombe du saint a été emmurée sous le bâtiment.

À l’aide de nouvelles technologies, notamment une sorte de scanner, les archéologues ont remarqué une cavité, semblant indiquer la présence d’un mausolée souterrain. « Le tombeau sous l’église semble en bon état. Normalement, il n’a pas été endommagé par nos opérations. Il est difficile d’accès car de gros blocs de pierre et des mosaïques le recouvrent. On va devoir les extraire du sol »,explique Cemil Karabayram, directeur des services de protection du patrimoine de la province d’Antalya.

La dépouille intacte ?

Le caveau se situerait à plus d’un mètre sous le sol de l’église et s’étendrait encore trois mètres sous terre. Ce n’est pas forcément une surprise pour les archéologues qui savaient que l’église actuelle avait été construite en 520, sur les fondations de l’ancienne église chrétienne où Nicolas de Myre avait été évêque. Il est très probable que la décision d’emmurer la tombe du saint dans un caveau souterrain ait été prise au moment de la construction de la nouvelle église pour la protéger.

Fresque dans l’église Saint-Nicolas de Demre, en Turquie. Le tombeau contenant la dépouille de l’évêque aurait été découvert par des archéologues turcs. (Photo : Jiuguangw/Flickr)

« Nous allons creuser à cet endroit et peut-être allons-nous découvrir la dépouille intacte de saint Nicolas », espère Cemil Karabayram qui imagine déjà les retombées que pourrait avoir une telle découverte sur le tourisme, dans cette région de la Turquie. Selon lui, le monde entier aura les yeux braqués sur Demre lorsque sera lancée l’opération d’excavation.

« Si nous obtenons des résultats, cela donnera un coup de fouet au tourisme dans la province d’Antalya. Nous commencerons les discussions internationales après les fouilles », poursuit Cemil Karabayram. Pour le moment, des spécialistes travaillent sur les mosaïques, dont la récupération est aussi très importante.

Comment est née la légende ?

Après avoir été élu évêque, très jeune, Nicolas s’installe sur une île (qui prendra le nom de l’île de Saint-Nicolas), puis s’établit à Myre, cité antique située en Anatolie, qui porte désormais le nom de Demre. Après sa mort, dont la date n’est pas certaine (certains avancent les années 310, 311 ou 312, d’autre l’année 343), l’église Saint-Nicolas de Demre, où il est enterré, devient un haut lieu de pèlerinage.

« En 1087, des commerçants italiens qui venaient de Bari passent par Myre et tentent de s’emparer de la dépouille du saint », raconte Franck Ferrand sur Europe 1 dans une émission consacrée à saint Nicolas et au mythe du Père Noël. Ils ne ramènent en Italie que des ossements. Quelque temps après, entre le XIe et le XIIe siècle, la Saint-Nicolas commence à être célébrée à Bari et le saint vénéré par les chrétiens pour sa générosité envers les enfants.

À l’intérieur de l’église Saint-Nicolas de Demre, en Turquie. (Photo : Seynaeve/Wikimedia Commons)

À la même période, un Lorrain, Aubert de Varangéville, passe par Bari et vole une phalange sur les os ramenés par les marchands. Il en fait don à une église près de Nancy, l’église Saint-Nicolas-de-Port et la légende de saint Nicolas naît ainsi dans l’est de la France.

On a découvert bien plus tard qu’il ne s’agissait pas des ossements de l’évêque. « Yildiz Ötüken, la chercheuse qui a dirigé les différentes fouilles sur place pendant vingt ans, confirme, comme le supposaient déjà plusieurs historiens, que ce sont ceux d’un autre prêtre de la ville », précise au quotidien turc anglophone Hürriyet Daily News, Cemil Karabayram.

Il n’empêche, les miracles attribués à saint Nicolas ont inspiré le personnage du Père Noël. La légende raconte qu’il a sauvé des marins de la tempête, mais aussi des jeunes filles en leur payant leur dot.

L’historienne Nadine Cretin, auteure de Noël des provinces de France, précise qu’il aurait déposé « un cadeau, anonyme, sur le bord de leur fenêtre ». L’ancêtre peut-être, de nos cadeaux de Noël.

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