Près d’un siècle après la découverte de la sépulture du célèbre pharaon, Toutânkhamon continue de fasciner les archéologues. Récemment, des chercheurs allemands ont dévoilé des pièces uniques issues de ce tombeau. Elles étaient restées enfermées dans les caves du musée égyptien du Caire depuis des décennies.

Cela reste toujours l’une des découvertes les plus impressionnantes de l’égyptologie moderne : en 1922, le Britannique Howard Carter et son équipe pénètrent dans la tombe de Toutânkhamon, située dans la vallée des rois, sur la rive occidentale du Nil, à hauteur de Thèbes. À l’intérieur de cette sépulture somptueuse, se trouvent des meubles raffinés, des bijoux, des vases précieux, mais aussi beaucoup d’outils de la vie quotidienne. Des milliers d’objets qui demanderont des années de travail à Howard Carter pour en faire l’inventaire.

Mais il y en a tellement, que certains objets n’ont jamais été étudiés par les archéologues. En 2013, des chercheurs de l’université de Tübingen (Allemagne) se sont plongés dans le contenu d’un coffre caché au sous-sol du musée égyptien du Caire. Après quatre années de travail, ils viennent de présenter leurs conclusions dans une publication : ce coffre abritait des dizaines d’artefacts en or, qui servaient probablement à décorer des carquois et des étuis pour arcs.

Des liens entre l’Égypte et la Syrie antique

Après une fine analyse de ces objets en or, les motifs ont révélé des liens nouveaux entre l’Égypte de cette époque et d’autres régions du Moyen-Orient. Le style des dessins correspond à ce qui se faisait alors dans une zone correspondant aujourd’hui à la Syrie moderne. On peut y voir par exemple une chèvre se battre avec d’autres animaux, ce qui ne faisait pas partie de l’imaginaire de l’art égyptien antique.

De manière plus surprenante, ces reliefs ressemblent fortement à ceux d’objets découverts dans une tombe royale dans la cité antique de Qatna (Syrie) en 2002. Une sépulture datée de -1340 av. J.-C., légèrement plus vieille donc que la tombe de Toutânkhamon (-1327 av. J.-C).

Le dessin de ce relief découvert dans la tombe de Toutânkhamon n’est pas d’inspiration égyptienne. (Photo : RGZM, DAI Cairo and University of Tübingen)

« On peut présumer que ces motifs proviennent de la Mésopotamie, et ont voyagé vers la Méditerranée et l’Égypte via la Syrie, explique le professeur Peter Pfälzner, archéologue à l’université de Tübingen. Cela montre le rôle important de la région syrienne dans la dissémination de la culture pendant l’âge du Bronze. Nous allons maintenant essayer de déterminer de quelle manière ces reliefs ont fini par être adoptés en Égypte. »

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