POLÉMIQUE. Alors que jeudi 2 novembre, la revue Nature publiait l’incroyable découverte réalisée par la mission Scanpyramids – une cavité d’au moins 30 mètres de long au cœur de la pyramide de Kheops) – dès vendredi enflait une polémique. Celle-ci étant  alimentée essentiellement par l’égyptologue Zahi Hawass, ancien ministre des Antiquités égyptiennes, aujourd’hui à la tête du comité scientifique chargé du suivi de la mission. « La pyramide est pleine de cavités mais cela ne veut pas dire qu’elles abritent des chambres secrètes ou qu’il s’agit d’une nouvelle découverte« , s’indignait-il. 

Une déclaration qui a doublement surpris les équipes scientifiques internationales à l’origine de cette découverte : université de Nagoya, KEK et CEA. Dans l’étude publiée par la prestigieuse revue Nature, ScanPyramids n’utilise en effet jamais le terme de « chambres secrètes », le professeur Hany Helal, de l’université du Caire, et Mehdi Tayoubi – les deux co-directeurs de la mission – ayant refusé toute interprétation du vide mis en évidence par la technique innovante de la muographie.

« Ce n’est pas à nous d’émettre des hypothèses, mais aux archéologues et égyptologues à qui nous allons soumettre nos résultats, a notamment souligné Hany Helal. Ils vont nous aider à comprendre ce que nous avons découvert, et à préparer les prochaines étapes. » Quant à prétendre que la découverte n’est pas nouvelle, voilà qui semble également étrange, ce vide n’ayant jamais été signalé dans aucune publication avant celle-ci. Pas plus qu’elle ne l’est dans l’ouvrage qui vient tout juste de paraître aux Etats Unis, « Gizah et les pyramides, une histoire définitive« , signé par Mark Lehner… et Zahi Hawass !

Zahi Hawass

Un article publié dans une revue à comité de lecture

L’idée plusieurs fois évoquée par ces deux égyptologues selon laquelle la mission Scanpyramids aurait mis en évidence un simple éboulement ou une zone « gruyère » faite de petit blocs mal jointoyés a été écartée par Sébastien Procureur, responsable scientifique à l’Irfu/CEA qui a participé à la découverte. « S’il s’agissait d’un chaos de gravats, les mesures muographiques indiqueraient une faible sous–densité un peu partout.

Or là, nous avons une forte sous–densité locale. » Ce même vendredi 3 novembre 2017, le secrétaire général du comité gouvernemental des antiquités, Moustafa Waziri, se fendait lui aussi d’une déclaration peu pertinente. « L’équipe scientifique n’aurait pas dû se précipiter (…) Le travail doit se poursuivre selon les étapes de la recherche scientifique et doit être discuté avant toute publication. » Une parution dans Nature semble pourtant remplir toutes les conditions et étapes nécessaires à la validation d’un résultat. Rappelons en effet que cette prestigieuse revue scientifique britannique, parmi les plus réputées du monde, possède un comité de lecture : seules les études vérifiées et validées par les pairs font l’objet d’une publication. 

Si mal argumentée, la polémique a fait long feu. Samedi 4 novembre, le ministre des Antiquités égyptiennes lui-même, Khaled al-Anany, a salué en effet la découverte lors de l’inauguration d’une conférence scientifique  internationale (SAEMT) au Caire, remerciant l’équipe d’avoir contribué à une meilleure compréhension de la structure interne de la grande pyramide. Dimanche 5 novembre, le ministre a en outre annoncé qu’un séminaire international se tiendrait d’ici à la fin du mois de novembre afin de discuter les différentes hypothèses qui pourraient expliquer la présence de cet immense et mystérieux vide.

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2 Commentaires

  1. Vous les trouvez « NETS », vous, les officiels égyptiens ?

    Et les archéologues qui depuis des décennies nous bassinent avec leurs certitudes anti-mystère, leur théories généralement à base de tombeau ou de mausolée d’un roi / pharaon, bref, toutes les platitudes des Super-diplômés du FAUX-SAVOIR, qui ramèneront leur G…LE le moment venu, quand une révélation INDISCUTABLE adviendra,et ils essaieront’ le truc classique ) de se l’approprier ou de dire qu’ils le savaient déjà, mais que…..

  2. Pas mieux à dire que le précédent commentaire.
    Pressé qu’ils « s’approprient » la découverte, du moment qu’ils l’adoptent ils prouveront leur tord.

    Peut-on dire que l’égyptologie n’est pas une science ?

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