La désextinction, autrement dit le clonage d’espèces disparues, pose des questions éthiques, car l’homme s’attribuerait en quelque sorte « le rôle de Dieu ». Or il se trouve également que ce genre de méthode pourrait avoir des répercussions écologiques.

Le constat est sans appel : la liste des espèces éteintes tenue depuis les années 1960 par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’allonge inlassablement. En parallèle, les progrès en génétique offrent de nouvelles possibilités en matière de clonage, le but étant ici de « ressusciter » ces espèces disparues.

Souvenez-vous en 2013, le tigre de Tasmanie (ou thylacine) avait été déclaré disparu, pourtant 77 ans après la mort du dernier représentant de l’espèce. Depuis, ces dernières années ont permis la reconstitution de la séquence génétique de l’animal, rendant en théorie possible son clonage et donc sa réapparition. Si les questions éthiques se rapportant à ce genre d’intention ne font aucun doute, il faut savoir que les questions écologiques sont toutes aussi présentes.

« Nous étions responsables d’avoir chassé le thylacine jusqu’à son extinction – dans ce cas, c’est presque comme si nous devions aux espèces de les ramener [à la vie] », indique Andrew Pask, professeur à l’Université de Melbourne ayant travaillé sur ces recherches, dont les propos ont été rapportés par The Guardian.

Comme l’explique le quotidien britannique, la volonté de ressusciter des espèces n’est pas nouvelle. Ce fut le cas pour des animaux tels que le bouquetin des Pyrénées, le quagga (une sous-espèce du zèbre) ou encore le mammouth laineux, un animal qui a disparu il y a 4000 ans !

Le dernier quagga sauvage fut abattu en 1878 et la sous-espèce s’éteignit définitivement le 12 août 1883, au zoo d’Amsterdam

Le problème principal concernant l’écologie relève du fait que si le clonage d’un animal est tout à fait possible, recréer son comportement et ses conditions de vie dans l’environnement est bien plus problématique, car nous parlons d’écosystèmes qui auraient évolué en l’absence de l’animal en question.

À propos du tigre de Tasmanie, Andrew Pask explique que « même si nous ne l’avions pas chassé jusqu’à l’extinction, nos analyses montrent que le thylacine avait une santé génétique très faible » et que s’il venait à revenir, sa population « serait très sujette aux maladies et ne serait pas en très bonne santé », en raison de l’état actuel de l’environnement qui était le sien à l’époque.

Ainsi, réintroduire des espèces dans des écosystèmes qui se seraient dégradés ou auraient évolué différemment en leur absence ne garantit aucunement un retour à l’équilibre, et représenterait alors une entreprise inutile. Alors que ces intentions sont plutôt louables, et bien que la méthode soit sujette à controverse, il faudrait d’abord étudier les écosystèmes en profondeur avant de prendre la décision de ressusciter une espèce dans le but de la réintroduire.

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2 Commentaires

  1. S’octroyer le droit d’exterminer une race animale, c’est pas se prendre pour dieu ?
    Que ces abrutis de savants arrêtent de nous emm…. avec leur éthique, l’éthique c’était de ne pas les faire disparaitre !
    Encore faut-il aussi qu’ils nous prouvent que dieu existe, c’est une autre paire de manches… La science et la religion n’ont d’ailleurs jamais fait bon ménage.
    De toute façon les églises sont vides, alors qui ça va gêner ?

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