Jimmy Nelson, photographe de renom, est un idéaliste, un esthète. En célébrant la beauté et la singularité de communautés des endroits éloignés de la planète, il veut nous sensibiliser à une réalité que la plupart d’entre nous ignorons : la disparition d’ethnies remarquables.

Confrontées à un photographe qui leur martèle qu’elles sont uniques en leur genre, les personnes ont un changement d’attitude spectaculaire : des hommes, femmes, enfants deviennent fiers. La pureté de l’humanité existe, dans les montagnes, la jungle, les champs de glace.

Jimmy Nelson a réussi à établir avec ces peuples du monde une relation amicale profonde et, à mesure que cette confiance s’établissait, ils ont pris conscience de ce qu’était la mission du photographe : veiller à ce que l’humanité n’oublie jamais son passé. En soutenant leur cause, en respectant leurs habitats, en immortalisant leur fierté et en les aidant à transmettre leurs traditions aux générations futures, chacun de nous pourrait retarder ce qui semble inévitable.

Les Kazakhs – Mongolie

Ils sont issus d’une ethnie turque du nord de l’Asie centrale, sont semi-nomades et vivent du pastoralisme, parmi leurs traditions on peut noter, la chasse à l’aigle. Ils portent alors un manteau noir, un chapeau bordé de fourrure, le loovuuz, et des bottes. Ils vivent dans les yourtes richement aménagées avec des étoffes brodées et du feutre. Ce sont de grands consommateurs de viande d’agneau, cheval, qu’ils ont coutume de saler et de sécher pour la conserver. Ils privilégient le lait aigre, qui se conserve mieux et est plus approprié au mode de vie nomade.

Les Maoris – Nouvelle-Zélande

Les Maoris, constituent un peuple indigène fascinant. Ils sont venus en waka (pirogue) de l’île d’Hawaiki en Polynésie centrale. La culture traditionnelle maori s’exprime à travers l’art, les légendes, les tatouages (ta moko), les danses (en particulier le haka censé intimider l’ennemi), les costumes et un grand sens de l’hospitalité. Peuple polythéiste les Maoris vénèrent de nombreux dieux, déesses et esprits. Ils ont adopté un mode de vie occidental, tout en conservant leurs coutumes sociales et culturelles. L’alimentation de base (kai) est constituée d’oiseaux et de poissons que viennent compléter des herbes sauvages et des racines. Ils cultivent dans leurs jardins des calebasses, et des tubercules comme l’igname et la patate douce (kumara). Ils sont à l’heure actuelle quelque 650.000 Maoris en Nouvelle-Zélande.

Les Mursis – Éthiopie

Ils vivent non loin de la frontière kenyane, dans la basse vallée de l’Omo. Cette tribu possède son propre idiome, le mursi. Les moyens de subsistance de cette tribu de bergers nomades sont de plus en plus difficiles, suite à de grandes sécheresses, mais aussi la création de parcs nationaux avec leurs clôtures et leurs routes. Les femmes sont connues dans le monde entier pour le labret, plateau d’argile ornant leur bouche. Pour passer de l’enfance à l’âge adulte, les jeunes hommes doivent se soumettre à la cérémonie du « saut du taureau », des bovins sont alignés flancs contre flancs. Chaque homme nu doit effectuer quatre passages sur leurs dos sans tomber. Ils habitent dans des cases faites de roseaux, chaume, branches et brindilles. Ils sont animistes, et croient que tous les éléments de la nature, arbres, pierres… possèdent un esprit.

Les Samburus – Kenya

Les Samburus sont environ 140.000 et habitent la province de la Rift Valley dans le nord du Kenya. Les steppes leur permettent de faire l’élevage des bovins, chèvres, moutons et dromadaires. Le samburu est un dialecte de la langue nilotique appelée maa, également parlée par les Massaïs. Ce peuple croit à un créateur lointain, un dieu suprême, qu’ils appellent Nkai ou Ngai. Le culte des ancêtres et même la sorcellerie sont très répandus, ils croient aux envoûtements et pratiquent des rituels traditionnels pour obtenir fécondité, protection, guérison… Ils habitent dans des huttes faites de branchages entrelacés, de peaux de bêtes et de boue, un matériel facile à démonter pour le transport. Les guerriers tressent leurs longs cheveux et les teignent avec de l’ocre rouge. Ils sont tous richement parés de colliers, bracelets et boucles d’oreilles en perles très colorés.

Les Vanuatuans – Îles du VanuAtu

Ils peuplent la république du Vanuatu, en Mélanésie qui regroupe 83 îles du sud-ouest de l’océan Pacifique. Ils pratiquent de grandes cérémonies et procèdent à des échanges d’aliments : taros, ignames, kava, volailles, cochons et poulets. Le festival de Toka est l’une des manifestations traditionnelles qui dure trois jours. La danse occupe une grande place pour les Vanuatuans. Le namba est un étui pénien traditionnel confectionné avec de l’écorce ou les feuilles du pandanus. Les femmes portent des pagnes confectionnés avec des feuilles, des nattes tissées, des fibres d’hibiscus. Le plat cérémonial le laplap est un gâteau réalisé à partir de racines râpées ou de bananes plantain mélangées à de la noix de coco, des légumes et des viandes, enveloppées dans des feuilles et cuites durant des heures dans un four d’argile traditionnel.

Les Hulis – Papouasie-Nouvelle-Guinée

Les Hulis vivent dans les hautes terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’on pense qu’ils ont migré vers l’île il y a plus de 45000 années. C’est la plus importante tribu de cette île, surnommés les « Hommes perruques », célèbres impressionnantes perruques confectionnées avec leurs propres cheveux. Elles sont ornées de plumes d’oiseaux de paradis, de perroquets. Coquillages, perles, défenses de cochon, crânes de calao et feuilles sont également utilisés. Traditionnellement animistes, ils procèdent à des offrandes suivant des rituels établis afin d’apaiser les esprits de leurs ancêtres. Ils voient dans la maladie et le malheur l’oeuvre de la sorcellerie. Ils sont très respectueux des merveilles de la nature. Les hommes aident à défricher les terres, le reste incombe aux femmes, qui sont des agricultrices hors pair. Elles cultivent des patates douces, du blé et diverses variétés de chou et de manioc. Ils vivent dans des huttes de chaume, deux à quatre par communauté. Les femmes dorment dans une hutte et les hommes dans une autre.

Les Samburus – Kenya

Ils habitent dans la Rift Valley au nord du Kenya. Le mariage est une succession de rituels très élaborés. Ils accordent une grande importance aux cadeaux émanant du fiancé (deux peaux de chèvres, une paire de boucles d’oreille en cuivre, une calebasse, et un mouton). La fertilité est très importante, et les femmes sans enfants sont tournées en ridicule. Un rituel de fertilité consiste à  placer une statuette en terre devant la hutte d’une femme et une semaine plus tard le mari invite les voisins à partager un taureau. Les femmes portent la shuka traditionnelle, une pièce d’étoffe aux couleurs vives dont elles enveloppent leurs corps. Elles sont parées de riches colliers de perle très colorés, de boucle d’oreille. Le lait et le sang de leurs vaches constituent la base de leur alimentation, mais ils la complètent par des racines et des légumes qu’ils trouvent dans la terre et en accommodent leur soupe.

Les Kalam – Papouasie-Nouvelle-Guinée

Ils sont originaires de Papouasie Nouvelle-Guinée, et sont plus petits que la grande majorité des Papous. La population indigène est l’une des plus hétérogènes dans le monde. Traditionnellement, les différentes tribus dispersées à travers le haut plateau vivent en petits clans agraires. Les premiers visiteurs ont été impressionnés de trouver des vallées avec des jardins soigneusement planifiés et des fossés d’irrigation. Les femmes de cette tribu sont des agricultrices hors-pair. Les hommes veillent au territoire, chassent et combattent d’autres tribus de leurs terres. Un grand effort est fait pour impressionner l’ennemi avec de terrifiants masques, perruques et peinture. Ils portent d’extraordinaires coiffures faites de centaines de scarabées, de plumes d’oiseaux, des colliers en nacre et des pagnes tressés.

Les Massaïs – Tanzanie

Être né Massaï, c’est appartenir à l’une des dernières grandes cultures guerrières au monde. Tout petit le jeune Massaï doit apprendre les pratiques culturelles, les lois coutumières et les responsabilités qu’il devra assumer à l’âge adulte. Ils sont célèbres pour l’aduma, une danse durant laquelle les jeunes hommes exécutent les pieds joints de grands bonds pour démontrer leur force et vigueur en tant que guerriers. Nomades, ils suivent le régime des précipitations en quête de nourriture et d’eau pour leurs troupeaux. La richesse chez eux se mesure à la taille du cheptel et aux nombres d’enfants. Ils vivent dans des huttes appelées kraal ou boma, construites en semi-dur à partir de boue, branches, herbes et bouse de vache. Ils portent de nombreux bijoux aux bras, pieds, cou et les femmes se rasent le crâne et se font arracher deux incisives sur la mâchoire inférieure.

Les Yalis – Indonésie

Les Yalis, « Seigneurs de la Terre », vivent au coeur des monts Jayawijaya, dans la province indonésienne de Papouasie. Le koteka, étui pénien long et effilé, est l’une des particularités de cette tribu. Il est fait dans une coloquinte et fait partie du costume traditionnel, ainsi que les ornements faciaux et corporels faits en os, dents de chien ou de porc. Ils pratiquent la polygamie. Les Yalis construisent des huttes ovales ou rondes en bois, coiffées d’épais toits de chaume. Les hommes, les femmes et les enfants dorment dans des huttes séparées (honai). Le sagou constitue l’alimentation de base, mais elle est complétée par des larves, des cochons sauvages, des serpents, des casoars. En guise de légumes ils consomment des feuilles de palmier, des fougèreset les fruits de l’arbre à pain.

Les Dassanetchs – Éthiopie

Les Dassanetchs « Peuple du delta » forts de 20.000 âmes peuplent la vallée de l’Omo. Ils pratiquent des danses tribales et des chants rituels. Pour se préparer à une cérémonie, ils se peignent le visage avec du kaolin, de l’ocre, du minerai de fer rouge et du charbon de bois. Les hommes se font, avec de l’argile des chignons qu’ils ornent de plumes. Ils croient que certains hommes exercent un pouvoir sur l’eau et les crocodiles et qu’ils peuvent traiter les troubles hormonaux au sein de la tribu. Cette tribu mène une existence simple, s’adonnant à la chasse, à la cueillette, à l’élevage du bétail et à la culture du sorgho sur les berges des rivières. Au besoin, ils pêchent et chassent le crocodile dans le lac Turkana.

Les Karos – Éthiopie

Les Karos comptent entre 1.000 et 3.000 individus résidants sur la rive gauche de la rivière Omo, dans le sud-ouest de l’Éthiopie. La polygamie est autorisée : un homme peut avoir autant d’épouses qu’il le souhaite, à condition de pouvoir subvenir à leurs besoins. Cérémonie la plus importante dans la vie d’un père, le Dimi a pour objectif de célébrer et de bénir sa faille aînée pour qu’elle soit féconde et se marie un jour. Ils pratiquent l’animisme traditionnel, la plupart de ses membres se disent musulmans. Constructions hémisphériques sans cloison, les huttes sont constituées de brindilles, de chaume, roseaux et mélange de branches et branchages. Chaque famille possède deux corps d’habitation : l’ono, qui est la principale pièce à vivre de la famille, et la gappa, construction à toit plat affectée à diverses activités ménagères. La viande et le lait sont les aliments de base, mais ils peuvent cultiver le sorgo, le maïs et des haricots.

Les Nénètses – Russie

Ethnie nomade d’éleveurs de rennes de l’Arctique sibérien, ils occupent en majorité la péninsulede Yamal, au nord-est de l’Oural. Ils vivent depuis plus d’un millénaire dans en un des milieux les plus inhospitaliers de la planète, -50 °C en hiver +35 °C en été. Les rennes occupent une place prépondérante dans la vie et les traditions des Nénètses, valeur marchande, nourriture, protection, habillement… Les rennes sont vénérés. Les hommes portent un malitsa, sorte de manteau à capuche en cuir, doublé de fourrure. Dans les conditions extrêmes, ils enfilent une autre couche de fourrure de renne, le gus. La yagushka des femmes est un vêtement à double épaisseur. Les Nénètses portent de longues cuissardes avec une botte intérieure le tobaki et une botte extérieure le kisy. Ils vivent dans les tchoums, tentes familiales faites en peaux de rennes. Leur boisson favorite est le thé noir de Ceylan, et ils se nourrissent de viandes de rennes, de poissons séchés.

Les Goroka – Papouasie-Nouvelle-Zélande

Cette tribu papoue de Papouasie Nouvelle-Guinée vit sur la deuxième plus grande île du monde. Le terrain accidenté et la guerre inter-tribale historique ont conduit à l’isolement du village et la prolifération des langues distinctes. Un certain nombre de différentes tribus sont dispersées à travers le haut plateau. La vie est simple dans les villages de montagne, recherche de nourriture, la chasse, la cueillette de plantes. Les indigènes de cette tribu ont un grand respect de la nature. Les guerres tribales sont toujours d’actualité ! Les hommes passent beaucoup de temps sur leur maquillage et leur tenue afin d’impressionner l’ennemi. Les tribus des hauts plateaux fournissent les tribus de la vallée avec des plumes d’oiseaux décoratifs, kangourous arboricoles et peaux de couscous et de beaux bois rares qui ont depuis longtemps disparu de la vallée. Le festival de Goroka est le plus ancien de l’île, il a lieu tous les dans le 16 septembre, jour de l’indépendance et réuni près de 90 tribus différentes.

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