Le réchauffement climatique a fait resurgir la base militaire secrète américaine de Camp Century, dans les glaciers du Groenland. Elle regorge de produits chimiques qui menacent de se déverser dans l’océan à cause de la fonte des glaces et inquiète les scientifiques.

Camp Century est une ancienne base militaire, construite par les Américains dans les années 1950 pendant la guerre froide. Située dans le nord-ouest du Groenland, elle portait le mystérieux nom d’Iceworm : le projet « Ver de glace ».

Les États-Unis ont décidé à l’époque de construire en secret cette base au cœur des glaciers arctiques, afin de mettre le territoire soviétique à portée de missiles américains. Dans l’immensité blanche, les militaires ont creusé de longues galeries pour y stocker leurs missiles. Mais le projet restera inachevé. En 1967, les États-Unis quittent la base, car les ingénieurs s’aperçoivent que les tunnels ne résistent pas, la glace les fait s’effondrer. Ils abandonnent derrière eux, dans la glace, de nombreux produits chimiques et des déchets potentiellement radioactifs.

Ils ne pensaient pas aux risques climatiques

Cette base a été redécouverte en 2016, en partie à cause du réchauffement climatique. La fonte de la calotte glaciaire inquiète depuis de nombreuses années les scientifiques.

« Personne ne pensait que la base ferait surface mais le monde a changé. Au train où vont les choses, elle devrait être peu à peu mise au jour à partir de 2090 », explique William Colgan, glaciologue à l’université canadienne d’York.

Iceberg

Dans une récente étude publiée le 8 janvier 2018 par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), les scientifiques expliquent que la glace autour de la base militaire recèle encore des dizaines de milliers de litres de fuel, de grandes quantités de produits chimiques et de possibles matières radioactives de faible activité.

Selon les chercheurs à l’origine de l’étude, les produits chimiques en question sont essentiellement synthétiques. Ils seraient très dangereux pour la santé et l’environnement. Cela soulève également un autre problème : l’élévation du niveau de la mer pourrait entraîner l’écoulement de ces matières toxiques dans l’océan.

D’autres bases militaires à surveiller de près

« Les îles du Pacifique sont particulièrement vulnérables », souligne le rapport publié par le MIT. Selon les scientifiques, il y a encore des déchets radioactifs militaires dans la plupart des bases construites pendant la guerre froide. Par exemple, sur l’atoll Johnston, aux larges de Honolulu ainsi qu’aux îles Marshall, près de l’île de Nouvelle-Guinée.

« D’autres matériaux toxiques peuvent être trouvés sur d’autres sites, y compris la pointe d’Orote à Guam, l’atoll d’Ulithi sur les îles Carolines, les îles Salomon et l’île Midway », ajoute encore Jeff D. Colgan, professeur agrégé de science politique et d’études internationales à l’Université Brown.

Un problème diplomatique sérieux

Si les chercheurs ont publié ces études, c’est avant tout pour alerter les dirigeants des différents pays du monde. Le premier rapport, publié en 2016 dans la revue Geographical Research Letters avait fait réagir le Pentagone, qui avait reconnu la « réalité du changement climatique et les risques qu’il pose ».

Pourtant, le 30 janvier 2018, Donald Trump et son gouvernement ont présenté un nouveau plan d’actions stratégiques pour la défense des États-Unis, dans lequel les problèmes créés par le réchauffement climatique n’étaient nullement évoqués…

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