Un chercheur canadien s’est associé à une brasserie pour ramener à la vie une recette de bière vieille de 1.700 ans. Alors que les saveurs d’antan reviennent au goût du jour, M. Gibbs a été dénicher une recette en grec ancien pour fabriquer et goûter l’ancêtre de la boisson qu’il affectionne.

«C’était quand même plus cool avant»: si le credo des hipsters a lancé la tendance du retour aux bonnes vieilles méthodes, aucun d’entre eux ne se doutait que l’on pousserait la démarche si loin!

Plus question ici de recettes de grand-mère ou de bibelots du XXe siècle, le docteur Matt Gibbs, un expert en Histoire de la Grèce et de la Rome antiques de l’université de Winnipeg au Canada, s’est lancé dans le défi de recréer la bière que buvaient les Grecs au IVe siècle de notre ère.

Pour ce faire, le brasseur amateur s’est appuyé sur la recette d’un alchimiste égyptien consignée dans Les Breuvages barbares de Max Nelson, docteur à l’université de Windsor. Après l’avoir traduite du grec ancien, le professeur Gibbs, associé à Barn Hammer Brewing, une brasserie dirigée par Tyler Birch et Brian Wescott, s’est intéressé à la manière d’adapter la recette aux contraintes modernes sans en altérer ni les étapes ni les ingrédients. 

De difficultés en imprévus, de l’élaboration de la farine à la main aux «fours d’aujourd’hui qui chauffent trop fort», les trois hommes sont finalement parvenus à redonner corps à une bière perdue depuis 1.700 ans.

«Un des plus grands défis a été de regarder les instructions données et d’essayer de ne pas y ajouter mes connaissances modernes pour changer [cette bière], simplement faire de notre mieux pour la réaliser telle quelle. Bien sûr, il a fallu apporter quelques changements; nous n’avons pas, par exemple, d’amphore en argile», expliquait Brian Wescott, copropriétaire de la brasserie associée.

Le résultat? De l’aveu même des trois brasseurs d’un autre temps, «ça n’avait pas vraiment le goût de la bière telle qu’on la décrirait». Si M. Gibbs n’a pas trouvé le breuvage antique à son goût, cela n’a pas été suffisant pour entamer l’optimisme du brasseur amateur.

«Personnellement, j’ai trouvé [la bière] trop acide. Mais cela faisait partie de l’expérience: combien nos palais ont changé au fil du temps?» détaille le professeur Gibbs.

Brian Wescott est lui aussi optimiste et les deux complices ambitionnent de reproduire l’expérience. Le brasseur fait en effet part de son intérêt pour recréer des saveurs oubliées et ajoute que son entreprise fera «plus de lots en faisant varier certains paramètres pour voir les résultats». M. Gibbs, lui, travaille sur la recette d’un hydromel du 1er siècle, écrite par un sénateur romain.

Malheureusement, la bière 1.700 ans d’âge n’est pas disponible à la vente, pas même à Winnipeg, la brasserie Barn Hammer ayant décidé de ne pas la commercialiser. 

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