Cinq hommes étaient poursuivis pour avoir participé à des fouilles archéologiques illégales en 2012. Après avoir accumulé un trésor de 2.000 deniers gaulois en argent,  ils ont été condamnés jeudi à des peines allant jusqu’à 3 mois de prison et 15.000 euros d’amende.

« Rendre à César ce qui est à César ». Des peines allant jusqu’à trois mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende ont été prononcées ce jeudi à Dijon à l’encontre de pilleurs de pièces gauloises.

Poursuivis pour fouilles archéologiques illégales

Cinq hommes étaient poursuivis, selon les cas, pour avoir participé à des fouilles archéologiques illégales en octobre 2012 à Laignes (Côte-d’Or) ou pour avoir réalisé des transactions avec le produit de ces fouilles, un trésor de 2.000 deniers gaulois en argent. L’avocat de l’un d’eux, Me Sylvain Champloix, a dénoncé des condamnations pour le « symbole », fustigeant « l’hypocrisie du droit français en l’espèce ». « La prospection est autorisée en droit français sauf dans certaines conditions », a-t-il dit, considérant que le site de Laignes n’était « pas identifié clairement comme un site archéologique ».

L’acheteur d’une partie des pièces a été pour sa part condamné à 3.000 euros d’amende. Un des prospecteurs a écopé de 2.000 euros d’amende avec sursis. L’enquête n’avait débuté que fin 2013 après un signalement de la Direction régionale des Affaires culturelles (Drac) concernant des échanges sur Facebook de personnes qui avaient réalisé des fouilles archéologiques interdites. Après l’interpellation des suspects, l’un d’eux avait révélé l’existence du trésor de Laignes, déjà en partie vendu.

Un « rêve de petit enfant » selon l’un des prévenus

Lors de l’audience en septembre, des peines allant de 15.000 euros d’amende avec sursis à 30.000 euros d’amende ferme avaient été requises.

« On cherchait des trésors et pour moi, c’était un rêve de petit enfant », avait déclaré l’un des prévenus à la barre, reconnaissant le caractère « illégal » de son activité. 

Selon un autre, « passionné de numismatique celtique », une « dizaine » de pièces de ce trésor étaient « inédites ».

Selon le chef du service régional d’archéologie, Michel Prestreau, ces deniers gaulois, découverts à « une heure de marche d’Alésia », ont pu appartenir à « des mercenaires gaulois à la solde de César revenant du siège d’Alésia ». « Mais quand un objet est sorti de son contexte, il perd 90% de sa valeur », avait-il regretté.

Le tribunal a ordonné la restitution du trésor au propriétaire du champ. « Nous lui proposerons que le trésor entre dans une collection publique », a précisé Yves Pautrat, de la Drac.

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