Le Sahara est le désert de tous les extrêmes : très chaud et très sec, il est aussi l’un des plus étendus du monde avec 9 millions de kilomètres carrés. Situé en Afrique du Nord, en pleine expansion, il grignote peu à peu le Sahel qui le borde. Des scientifiques ont estimé que sa surface s’était agrandie de 10 % en 100 ans, mettant en danger les territoires alentour.

Dans une étude consultée par Le Figaro, deux chercheurs du département des sciences atmosphérique et océanique de l’Université du Maryland se sont demandé quelles étaient forces en présence dans cet environnement hostile.

Une bande de terre verte devenue désert

Difficile à imaginer, mais il y a 11.000 ans, le Sahara était une bande de terre verte, couverte de végétation. Depuis 1920, la surface de ce désert de sable s’est étendue de 10 %. Natalie Thomas et Sumant Nigam, auteurs de l’étude publiée dans le Journal of climate, apportent un premier élément de réponse sur les causes de cette transformation. Entre le 19e siècle et nous, les étés sont soudainement plus chauds et les hivers plus secs. Or, une zone devient désert lorsqu’il y pleut moins de 100 mm d’eau par an, rappelle Le Figaro.

« Les déserts se forment d’habitude dans les zones subtropicales, car l’air chaud monte dans les zones équatoriales et redescend dans les zones au nord et au sud, explique Sumant Nigam, l’un des auteurs de l’étude. C’est un air chaud et sec. Cela explique que le désert puisse gagner vers le nord. Mais le fait qu’il grandisse aussi vers le sud montre que d’autres mécanismes sont à l’œuvre. » L’étendue du Sahara varie en fonction des saisons : elle grandit en hiver et se réduit l’été.

Le lac Tchad au cœur des inquiétudes

Les premières victimes de cette poussée du Sahara sont les habitants du Sahel, une bande de terre semi-aride qui borde le désert et qui abrite un écosystème fragile, des populations qui vivent d’élevage et d’agriculture. Le lac Tchad, au cœur de cette zone fragile, est particulièrement concerné par cette problématique. Plus de 40 millions de personnes vivent grâce à lui, et pourtant, il s’assèche peu à peu.

« Le bassin du lac Tchad est situé dans une région où le désert est bien descendu vers le sud, estime Sumant Nigam. Et le lac s’assèche. Cela constitue un signal d’alarme concernant la baisse des précipitations, non pas seulement localement, mais à l’échelle de toute la région du bassin-versant du lac. »

Dans leurs conclusions, les chercheurs estiment que le réchauffement climatiqueengendré par les activités humaines contribue à un tiers de l’agrandissement du Sahara, alors que deux tiers sont causés par des phénomènes naturels.

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