Le Kenya a détruit 16 000 défenses pour dénoncer le braconnage des éléphants, le 2 mai 2016. REUTERS

Najib Balala, ministre du tourisme et de la protection des espèces sauvages du Kenya, a annoncé que les braconniers décimant les animaux sauvages pourraient bientôt être passibles de la peine de mort.

Le membre du gouvernement a expliqué vouloir faire en sorte qu’une loi en ce sens soit rapidement adoptée, a rapporté The Independentlundi. L’an dernier, 69 éléphants et neuf rhinocéros ont été tués dans le pays, qui compte respectivement 34.000 et moins de 1.000 animaux de chaque espèce.

Perpétuité ou amende pour l’instant

Jusqu’ici, les personnes reconnues coupables de braconnage risquaient l’emprisonnement à perpétuité ou une amende pouvant atteindre 200.000 dollars américains, soit environ 170.000 euros. Mais le ministre estime que ces peines ne sont pas suffisamment dissuasives et veut durcir la loi kényane.

Pourtant, depuis le passage en 2013 du Wildlife Conservation Act, le massacre des animaux sauvages dans le pays a connu un coup d’arrêt. Entre la période 2012-2013 et 2017, le braconnage des rhinocéros a diminué de 85 % et celui des éléphants de 78 %, indique le ministère.

50 000 dollars le kilogramme de corne de rhinocéros

Le marché est particulièrement lucratif. Les cornes de rhinocéros, notamment, se vendent en effet entre 50 000 et 70 000 dollars le kilo, soit davantage que l’or ou la cocaïne.

Voir article : Les matières les plus chères au monde

Le Kenya possédait, selon Reuters, 20 000 rhinocéros dans les années 1970, environ 400 dans les années 1990, mais 650 aujourd’hui. La législation de 2013 a permis de réduire le braconnage des rhinocéros de 85 % et des éléphants de 78 % en quatre ans, a précisé Najib Balala. Mais les chiffres sont toujours trop élevés, juge-t-il. En 2017, 9 rhinocéros et 69 éléphants ont ainsi été tués.

Une mesure qui divise

Au Kenya, l’annonce de Najib Balala divise la population, note le quotidien britannique. Sur les réseaux sociaux, des internautes se félicitent de la mesure à venir face à l’importance du braconnage et du crime organisé qui s’est développé dans son sillage. D’autres sont contre la peine capitale appliquée aux tueurs d’animaux ou estiment que ce sont les grands trafiquants et pas les exécutants que les autorités devraient viser.

Mais le ministre kényan et sa décision vont aussi à l’encontre de la volonté de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont plusieurs résolutions demandent l’abandon progressif de la peine de mort dans le monde. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme prône quant à lui sa pure et simple abolition universelle.

Source : 20min , France24

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