Le Rooswijk (navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales) représenté en plein naufrage sur cette huile sur toile.

En janvier 1740, le Rooswijk, un navire marchant de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, a mis le cap sur Jakarta. Il n’a plus jamais réapparu. Ce n’est que plusieurs jours plus tard, quand des lettres et des effets personnels de l’équipage sont arrivés sur le rivage que le gouvernement anglais a réalisé que le navire avait coulé au fond de l’océan au large des côtes du Kent, en Angleterre.

Tous les marins et passagers, près de 250 personnes, ont péri à bord du navire.

Pourquoi le navire a-t-il coulé ? Cela reste un mystère mais de récentes expéditions pour examiner les restes du navire ont permis la découverte de plusieurs artefacts, dont un large coffre dont le contenu est encore inconnu.

Les artefacts doivent être examinés par Historic England, un département du gouvernement anglais en charge de l’excavation pour le gouvernement hollandais, qui garde les droits sur le navire et sur tous les artefacts qui s’y trouvent.

Cuillères en étain découvertes durant l’excavation du Rooswijk, navire marchant de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales qui a coulé au large des côtes du Kent en 1740.

Alison James est une des archéologues marines qui enquêtent sur les restes de l’épave. Contactée par National Geographic, elle explique que son équipe a prévu de passer le coffre aux rayons X dans un premier temps. L’ouvrir serait inconséquent et pourrait détruire les artefacts centenaires qu’il contient.

« Il y a plusieurs coffres. Le plus grand fait plus d’un mètre de long, » dit-elle. « Ils peuvent contenir à peu près tout, des lames d’épées, du métal, des effets personnels et même de l’argent. »

Des excavations préliminaires en 2005 avaient permis de mettre au jour des pièces d’argent qui ont été rendues au gouvernement hollandais. Si la quantité précise à bord est inconnue, on sait que le navire aurait pris le large avec de grandes quantités de lingots et de pièces devant servir à l’achat d’épices et de porcelaine. Les marins étaient aussi connus pour passer l’argent et les biens de valeur en contrebande.

Il est possible que les coffres contiennent les restes du trésor du navire perdu, ou qu’ils ne contiennent plus rien. La mise au jour du contenu de ces coffres pourra prendre plusieurs mois.

Des balles de mousquet, une arme à feu portative à canon long, mises au jour durant l’excavation conduite sur l’épave du Rooswijk.

Les archéologues marins ont également découvert des pots en étain, des cuillères, des bouteilles en verre, des couteaux richement décorés et des souliers.

Pour Alison James, les effets personnels de l’équipage sont les plus intrigants. Ils présentent une opportunité exceptionnelle de comprendre les modes de vies des passagers du navire et par extension la vie quotidienne du 18e siècle. Seuls 11 des 250 passagers ont pu à ce jour être identifiés, mais leurs noms n’ont pas encore été communiqués.

En 197 ans d’existence, la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales a vu couler 250 navires, dont près d’un tiers seulement a été retrouvé. Les chercheurs de l’Historic England affirment que l’excavation du Rooswijk est la première conduite à une si grande échelle. Le département d’archéologie a choisi cette localisation car les vents changeants et le sable menaçaient d’exposer les restes du navire aux contrebandiers et aux voleurs.

Les excavations continueront jusqu’en septembre prochain.

« C’est merveilleux, » explique Alison James qui peut désormais explorer le passé par le biais des artefacts de 277 ans. « La compréhension de l’histoire de ce navire est maintenant à notre portée. »

Les membres de l’équipe de conservation Elisabeth Kuiber et Eric Nordgren posent avec des artefacts récemment mis au jour, dont une cuillère en étain trouvée sur le navire Rooswijk.

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