Il s’agit d’une menace restée longtemps inaperçue, mais des vers à tête plate originaires d’Asie ont bien débarqué en France. Le fait est que ces derniers s’attaquent à nos vers de terre, qui comme chacun sait sont très bénéfiques pour les sols.

Nos gentils vers de terre (lombrics) – dont 150 espèces différentes peuplent le territoire français – sont une bénédiction pour la terre. En effet, ceux-ci permettent une bonne aération des sols, une circulation optimale de l’eau et un meilleur développement des racines. Cependant, ces vers si chers aux agriculteurs et autres jardiniers sont menacés.

Accompagnée de son équipe de chercheurs franco-australiens, Jean-Lou Justine du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris est à l’origine d’une étude assez déconcertante. En effet, ces recherches publiées dans la revue PeerJ le 22 mai 2018 font état de la présence en France de vers de terre à tête plate depuis une vingtaine d’années. Ceux-ci seraient arrivés avec le transport de plantes venues d’Asie, et représentent une menace potentielle non négligeable.

Le rapport indique qu’entre 1999 et 2017, pas moins de 111 observations de ces vers ont été faites par des particuliers, la plupart dans les départements des Pyrénées-Atlantiques et des Alpes-Maritimes. Les coupables sont principalement les deux espèces suivantes : Bipalium kewense et Diversibipalium multilineatum. Ces vers à tête de marteau s’attaquent à nos vers de terre habituels, et le combat est plutôt expéditif – comme le montre la vidéo visible en fin d’article, tournée aux États-Unis en 2012.

Ce type de vers est très puissant, peut mesurer jusqu’à 40cm de longueur et se reproduit en utilisant la technique du clonage. En effet, un bout de queue qui se détache d’un ver devient un autre ver adulte en à peine deux semaines. Surtout, ces vers détiennent une arme foudroyante : la tétrodotoxine, connue pour être présente chez certains poissons comme le fugu (poisson-globe) particulièrement apprécié au Japon. Cette toxine permet de paralyser la victime. Dans leur milieu naturel en Asie, le lombric est habitué à cette menace et bouge rapidement (merci l’évolution !), mais en Europe ou en Amérique du Nord, nous assistons à un véritable carnage.

Il faut comprendre que ces vers asiatiques représentent une menace qui a été dévoilée très tardivement. En effet, aucune étude d’impact n’a été réalisée. Mais logiquement, dans le cas où les lombrics, qui représentent 80 % de la biomasse des sols sont décimés par ce genre de vers, les conséquences pourraient être catastrophiques. Il y aurait de sérieux impacts sur la faune et la flore ainsi que sur la chaîne alimentaire.

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