La rivière Mara est un cours d’eau africain qui s’étire entre la réserve nationale du Masai Mara, au Kenya, et le parc national du Serengeti, en Tanzanie. Chaque année, à la saison sèche, ses eaux abandonnent sur les berges des milliers de poissons morts. Jusqu’ici, on attribuait le phénomène aux pesticides utilisés par les agriculteurs.

Mais une récente étude de scientifiques américains, publiée la semaine dernière dans la revue Nature communications, avance une autre explication. Les déjections des hippopotames provoqueraient, au cours de leur décomposition, une baisse drastique de la quantité d’oxygène dans l’eau. Les poissons mourraient alors par suffocation, rapporte Sciences et Avenir.

Une eau privée d’oxygène

Les pachydermes paissent la nuit à proximité des rives du cours d’eau et peuvent engloutir jusqu’à 40 kg de matières végétales. Dans la journée, ils reviennent dans l’eau, afin de se maintenir au frais. Ils défèquent et urinent abondamment. 8 500 kg de matière organique se retrouvent ainsi quotidiennement dans l’écosystème aquatique, dans chaque tronçon de 100 kilomètres de rivière.

Pendant la saison sèche, les hippopotames se concentrent dans des espaces réduits, des bassins. Les bactéries chargées de décomposer les excréments consomment tout l’oxygène disponible dans ces eaux où se concentrent aussi ammonium, sulfure d’hydrogène, de méthane et de dioxyde de carbone.

Lorsque de fortes pluies viennent évacuer l’eau de ces bassins, elles entraînent ce bouillon de culture vers l’aval et réduisent considérablement le niveau d’oxygène de la rivière. C’est lors de ces événements que les poissons meurent par suffocation.

Un phénomène qui contribue à l’équilibre de l’écosystème

Si le phénomène est impressionnant, il n’en demeure pas moins naturel et contribue depuis toujours à l’équilibre de l’écosystème de la rivière Mara. Les carcasses des poisons nourrissent vautours, crocodiles, hyènes… Ces épisodes d’écoulement « rincent » en quelque sorte les bassins utilisés par les hippopotames et restaurent finalement le milieu aquatique.

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