À l’intérieur, une argyronète, la seule araignée qui vit dans l’eau. Cette belle découverte a été faite au coeur de l’espace naturel sensible de Langazel, labellisé Natura 2000.

L’association de Langazel, avec le Groupe d’étude des invertébrés armoricains (Gretia), a fait l’incroyable découverte d’observer plusieurs argyronètes (Argyroneta aquatica). Cette drôle de petite araignée est la seule de son groupe à passer toute sa vie sous l’eau.

Son système respiratoire est adapté pour le monde terrestre, mais cette petite maligne va former sa propre cloche de plongée pour aller sous l’eau. Pas de quoi être jalouse de nos plongeurs : elle peut y rester plusieurs heures d’affilée. Elle commence par tisser une toile en profondeur, au milieu des plantes, puis elle y loge plusieurs petites bulles en faisant des allers-retours afin de former une grosse cloche d’air dans laquelle l’araignée s’isole.

Un mystère

Toute sa vie se passera dans cette couche d’air : chasse, accouplement et ponte. L’argyronète a besoin de se réapprovisionner régulièrement en oxygène, à l’intérieur de la bulle. Elle effectue alors des voyages ponctuels à la surface pour renouveler l’air.

Cette araignée est recensée en deux endroits dans le Finistère (dans les tourbières de Langazel et aux landes tourbeuses du Venec à Brennilis). Cependant, à Langazel, la dernière observation datait de 1984. Mais, en raison d’un manque de précision à l’époque sur le lieu exact de la découverte, il était, depuis lors, impossible de la retrouver.

De nombreuses mares de la zone furent inspectées, en vain. Jusqu’à cette année, où la petite a montré le bout de ses pattes. 34 ans après ! La population d’argyronète n’a pas bougé de sa mare. Il est intéressant de constater qu’elle n’a pas colonisé les autres lieux similaires à proximité. Pourquoi cette mare et pas la voisine à cinq mètres de là ? Le mystère est entier à l’heure actuelle.

C’est grâce à une enquête de l’animateur de Langazel, réalisée auprès de bénévoles de la première heure, à l’aide du Gretia, et aussi à une chance exceptionnelle que la mare de l’argyronète a été retrouvée. Une preuve de l’importance de ces zones humides, lieu unique pour de tels spécimens, lieux à préserver et à protéger.

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