Dauphins, éléphants, chiens, chauves-souris… Les pauvres bêtes ont souvent fait partie des tactiques militaires et été envoyées en mission suicide contre l’ennemi. Des ruses parfois incroyablement sophistiquées.

Le renard kamikaze

Samson et les renards enflammés. (Photo : Vatopedi 602/Wikimédia)

Une des premières références aux animaux comme arme de guerre figure dans l’Ancien Testament. Il y est raconté que Samson, dans sa guerre contre les Philistins, attrapa 300 renards et les attacha deux par deux pour placer une torche enflammée entre leurs queues. Affolées, les pauvres bêtes semèrent la panique et enflammèrent « les tas de gerbes, le blé sur pied, et jusqu’aux plantations d’oliviers ».

Une technique également utilisée par l’artillerie allemande au XVIe siècle, qui envoyait des chats et des pigeons enflammés en « attaque suicide » contre les lignes ennemies, d’après des manuscrits de l’époque. La ruse y est précisément décrite : « Procurez-vous un chat issu du château que vous voulez attaquer. Attachez-lui un sac sur le dos, mettez-y le feu et laissez-le s’enfuir vers un endroit où il pensera trouver refuge », autrement dit le château ou la réserve à paille où il a l’habitude de s’installer.

Le chien bombe

École soviétique de chiens de guerre en 1931. (Photo : Wikimédia / Domaine public)

Les « chiens-mines » ou « chiens-bombes » sont une spécialité venue de l’URSS. En 1935, l’armée soviétique s’est même dotée d’une division canine « antichars ». Les chiens étaient dressés à déposer une bombe à retardement sur une cible ennemie. Ils pouvaient se débarrasser de la charge explosive attachée sur leur dos en tirant sur un fil avec leurs dents. Malheureusement, les animaux échouaient souvent à se défaire de leur dangereux bagage et revenaient dans leur camp avec la bombe en instance d’explosion, ce qui était évidemment assez périlleux.

Du coup, les Russes ont simplifié le processus lors de la Seconde Guerre mondiale : le chien devait uniquement atteindre un char et la bombe explosait à son contact (le chien étant sacrifié au passage). Hélas, ces malheureux chiens se sont révélés incapables de faire la différence entre l’odeur du diesel des chars allemands et russes, faisant exploser involontairement des blindés soviétiques. Le projet a, semble-t-il, été abandonné dès 1942.

La chauve-souris explosive

Lorsqu’il apprend l’attaque de Pearl Harbor en 1941, Lytle S. Adams est en vacances près des grottes de Carlsbad, dans le Sud des États-Unis, connues pour accueillir des dizaines de colonies de chauve-souris. L’idée fait immédiatement « tilt » dans l’esprit du dentiste : pourquoi ne pas utiliser ces dernières, très habiles pour se repérer dans la nuit, comme mini-engins inflammables contre les Japonais ? Ni une ni deux, il envoie son plan à une de ses connaissances, une certaine Eleanor Roosevelt (la femme du Président américain).

Quelques mois plus tard, son idée se retrouve sur la liste des projets militaires du gouvernement sous le nom « Project X-Ray ». Pas moins de 2 millions de dollars lui seront alloués d’après le site The Atlantic, avant que l’armée ne jette l’éponge faute de tests probants (plus d’une trentaine au total). Entre-temps, les États-Unis ont décidé d’allouer leurs moyens à une arme beaucoup plus efficace : la bombe atomique.

Le dauphin démineur

Dans les années 1960, l’armée américaine s’est dotée d’une unité de mammifères marins, la Navy’s Marine Mammal Program. Au départ, l’US Navy s’intéressait aux capacités hydrodynamiques du dauphin dans le but d’élaborer des torpilles. Par la suite, dauphins, orques et otaries y étaient entraînés à détecter des mines sous-marines, à récupérer des objets dangereux, ou à localiser des plongeurs et des pilotes perdus en mer. Ces dauphins démineurs auraient été déployés durant la guerre au Vietnam et plus récemment dans le Golfe Persique lors de la guerre en Irak en 2003.

Très critiquée par les défenseurs des animaux, l’US Navy a décidé l’an dernier de remplacer les animaux marins par des robots drones. Elle a toutefois promis de continuer à veiller sur ses fidèles serviteurs, même une fois à la retraite.

L’éléphant char

La bataille de Zama, en 202 avant J.-C., opposant les éléphants de Hannibal à l’infanterie romaine. (Illustration : Henri-Paul Motte/Wikimédia)

Plus gros mammifère terrestre, l’éléphant a fréquenté de nombreux champs de bataille durant l’Antiquité. En 326 avant J.-C., lors de la bataille de l’Hydaspe, le maharadjah indien Pôros aligne 200 éléphants face à l’armée macédonienne d’Alexandre le Grand. Ces mastodontes sèment la panique chez les chevaux macédoniens et causent de lourdes pertes à l’infanterie. L’ajout de tours sur le dos des éléphants (howdah) constituera une avancée militaire majeure, permettant d’embarquer archers et lanceurs de javelots.

Grecs, Parthes, Carthaginois et Chinois compteront eux aussi des pachydermes dans leurs rangs, avant tout destinés à impressionner l’armée adverse ou à servir de « bélier » pour enfoncer des portes. Totalement disparus d’Occident vers 190 après J.-C., les éléphants continueront à servir chez les Indiens, notamment chez les sultans de Delhi qui en ont possédé jusqu’à 3 000 au moment de leur apogée au XVe siècle, ou parmi les Mongols, dotés d’une troupe de 5 000 bêtes à la fin du XVIIe siècle. Source

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