La France jette, à elle seule, dans la Méditerranée, 66 tonnes de déchets chaque jour !

La concentration de résidus de plastiques dans la Grande bleue est telle que c’est désormais la mer la plus polluée du monde, d’après un rapport de WWF.

Prenez 66 000 bennes à ordures et déversez-les dans la mer. Cela vous donnera une idée de la quantité de déchets en plastique qui échouent chaque année en Méditerranée. 500 000 tonnes de bouteilles, de sacs, de gobelets, de bouchons, de pailles. Mais ça, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car d’après un rapport de l’association WWF, que nous dévoilons en exclusivité, jusqu’à 130 000 tonnes par an de microplastiques (des fragments inférieurs à 5 mm) finissent dans la Grande bleue. Un record dont la France est en partie responsable.

Les images de ces « continents de plastique » où les courants océaniques concentrent des décharges flottantes ont fait le tour du monde.Il existe sur la planète cinq zones (deux dans le Pacifique, deux dans l’Atlantique et une dans l’océan indien) où la majorité des déchets s’accumulent. « La Méditerranée est considérée comme la sixième plus grande zone d’accumulation de déchets marins et les microplastiques y atteignent des niveaux records de concentration » relève le WWF. Avec 1,5 million de fragments par km2, c’est presque quatre fois le niveau de l’une des cinq « îles de plastique ».

Si elle concentre autant de déchets, c’est parce que cette mer semi-fermée fonctionne comme un « piège ». C’est aussi parce que le bassin méditerranéen abrite 150 millions de personnes et attire chaque année 200 millions de touristes qui génèrent une augmentation de 40 % des déchets l’été. Débris emportés vers la mer par les fleuves, absence de stations d’épuration ou usines sous-dimensionnées, produits en plastique non recyclés… les causes de cette pollution sont multiples. Et la France n’a pas de leçons à donner à ses voisins. Après la Turquie, l’Espagne, l’Italie et l’Égypte, c’est l’Hexagone qui déverse le plus de plastique en mer : 66 tonnes par jour !

Des pots de fleurs dans l’estomac d’un cachalot

Accidentellement ou indirectement, 60 espèces de poissons de Méditerranée, trois espèces de tortues, neuf espèces d’oiseaux de mer et des mammifères comme le cachalot, le rorqual ou les dauphins sont tous victimes de l’ingestion de plastique. « On a trouvé des fibres et des microplastiques dans des huîtres et des moules mais aussi des paquets de chips et des cigarettes dans de gros poissons pélagiques, détaille le WWF. Le cas le plus extrême fut la découverte de 9 mètres de ligne de pêche, 4,5 mètres de tuyau flexible, deux pots de fleurs et plusieurs bâches dans l’estomac d’un cachalot échoué ».

C’est un chiffre que les amateurs de produits de la mer vont avoir du mal à digérer : 18 % des thons et des espadons ont des débris de plastique dans l’estomac. « Même les plus petits animaux tels que les moules, les crabes communs, les rougets et les soles, qui trouvent leur nourriture dans les fonds marins, peuvent en accumuler énormément », souligne le rapport du fonds mondial pour la nature.

Le WWF cite notamment une étude sur les microplastiques dans les huîtres et les moules cultivées pour la consommation humaine. « Il en ressort qu’un consommateur moyen de coquillages en Europe pourrait ingérer jusqu’à 11 000 morceaux par an. » Source

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