Des scientifiques ont déniché des traces d’une très ancienne galette de céréales sur un site archéologique situé au nord-est de la Jordanie. Avec cette découverte, les origines du pain remonteraient à plus de 4 000 ans avant l’émergence de l’agriculture !

La boulangerie, ça ne date pas d’hier. Selon une étude publiée le 16 juillet dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les origines du pain sont vieilles de plus de 14 400 ans. Pour arriver à cette conclusion, une équipe de scientifiques a analysé des restes de nourriture carbonisée, retrouvés sur le site archéologique Shubayqa 1, dans le nord-est de la Jordanie, où vivaient des chasseurs-cueilleurs Natoufiens.

Cette découverte fait donc remonter l’apparition du pain 4 000 ans avant l’émergence de l’agriculture. « Nos travaux montrent que le pain ne provient pas d’une société sédentaire et complexe mais des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique », explique Amaia Arranz Otaegui, archéologue à l’Université de Copenhague et une des auteurs de cette étude, interrogée par le quotidien américain TheWashington Post.

Des galettes spéciales

Les chercheurs soulignent que la production de ces galettes de céréales tirées de graines sauvages était réservée à des occasions spéciales. « Le pain nécessite un processus de production intensif entre le décorticage des graines, le broyage, le pétrissage et la cuisson, indique Dorian Fuller, archéobotaniste à l’University College de Londres, au site The Telegraph. Ces galettes produites avant l’apparition de pratiques agricoles laissent croire qu’elles étaient considérées comme spéciales, et l’envie de produire plus de cette nourriture a probablement contribué à la décision de commencer à cultiver des céréales. »

Le site archéologique Shubayqa 1

Ces archéologues ont trouvé ces restes de pain sur un site composé d’une structure ovale avec un trou au milieu, entourée de pierres disposées soigneusement. Amaia Arranz Otaegui a déclaré qu’elle ne savait pas si cette construction était habitée ou si elle servait à autre chose, notamment à des rituels.

Amaia Arranz Otaegui (à droite) et Ali Shakaiteer, un assistant de recherche jordanien.

En fouillant dans les sédiments, Amaia Arranz Otaegui a découvert des échantillons qui ne correspondaient pas à des graines ni à des morceaux de bois carbonisés. Ils ressemblaient plus à des miettes de pain grillé. « Le critère principal servant à identifier du pain est sa structure poreuse », explique Amaia Arranz Otaegui.

Le peuple qui vivait à cet endroit, les Natoufiens, a vécu la transition entre les chasseurs-cueilleurs et l’agriculture. Ils sont donc souvent étudiés par les archéologues pour comprendre ce basculement. Source

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