Avec la faille de Limagne, la chaîne des Puys et ses 80 volcans ont été classés ce lundi, au patrimoine mondial de l’Unesco. Cela fait des centaines d’années que ces volcans d’Auvergne sont endormis. Et si ces géants se réveillaient du jour au lendemain ? Impossible de le savoir, mais les volcanologues n’excluent pas cette hypothèse.

« Des scientifiques ont découvert une « zone chaude » alimentant un volcan endormi depuis des siècles près de Naples, en Italie »,rapporte le média anglais The Independent. Et si ça se passait chez nous ? Reconnu comme une des plus belles régions de l’Hexagone, le Parc naturel régional des volcans d’Auvergne souffle ses 40 bougies cette année. Le site a connu sa dernière éruption volcanique il y a 6 700 ans, donnant ainsi naissance au lac Pavin dans le Puy-de-Dôme.

C’est dans cette partie sud de la chaîne des Puys, dont la totalité et la faille de Limagne viennent d’être classées ce lundi, par l’Unesco au patrimoine mondial, qu’on retrouve l’activité volcanique la plus récente, comme les volcans jumeaux de la Vache et de Lassolas, âgés de « seulement » 8 600 ans.

Le Puy-de-Dôme, terre de volcans millénaires.

« Tous les phénomènes volcaniques s’étudient à une échelle de temps qui n’est pas humaine. Un jour pour l’homme, ce sont des millions d’années pour la terre, souligne François-Dominique de Larouzière, volcanologue et directeur scientifique de Vulcania. La chaîne des Puys est considérée comme potentiellement active »,poursuit-il.

Le lac Pavin est le témoin de l’activité volcanique la plus récente en Auvergne.

Les volcans d’Auvergne ne sont pas éteints. Ils sont simplement endormis. Pour autant, il est quasi-impossible de prévoir une éventuelle prochaine éruption. « Ça peut être dans trois mois comme dans 5 000 ans », note le volcanologue. Il raconte qu’« en 2006, un volcan en sommeil depuis 14 000 ans est entré en éruption en Alaska ». Un volcan deux fois plus vieux que celui du lac Pavin.

Un site particulièrement surveillé

« Pour le moment c’est calme, le silence absolu », observe Pierre Boivin, chercheur du CNRS à la retraite. Pour surveiller l’activité sismique du site, les scientifiques ont truffé la région de sismomètres, des appareils capables de mesurer les mouvements des sols. Si elle existe bien en Auvergne, elle reste très faible. Le Massif central se soulève de 15 centimètres par siècle à cause des « mouvements lents mais permanents » des plaques tectoniques.

Du magma sur le flanc d’un volcan au Guatemala.

Proche des populations comme la ville de Clermont-Ferrand, le site des volcans d’Auvergne, notamment la chaîne des Puys, est particulièrement surveillé. « Cela fait l’objet d’études importantes depuis plusieurs années », explique François-Dominique de Larouzière. En 2016, des chercheurs font une découverte qui émoustille la communauté scientifique. Un gigantesque réservoir de magma liquide, encore chaud, est découvert à quelques kilomètres sous la chaîne des Puys. « À plusieurs kilomètres sous terre, le magma met beaucoup de temps à se refroidir, et c’est normal », analyse le volcanologue.

Volcan Calbuco Chili (cliquez pour zoomer)

Vont-ils se réveiller ?

Des milliers d’années après l’endormissement des volcans d’Auvergne, le magma qui les a formés est toujours là. En revanche, les voies dans la croûte terrestre qui ont conduit la lave à jaillir du sol et à donner naissance aux géants de l’Auvergne, sont scellées depuis plusieurs centaines d’années. « Ce sont des volcans monogéniques, ils ne peuvent entrer en éruption qu’une seule fois »,explique Pierre Boivin.

La seule possibilité d’une éruption résiderait dans une fracture de la roche, due à un changement de pression sous terre ou à un épisode sismique, ce qui pousserait le magma à se frayer un chemin jusqu’à la surface. « Si cela devait arriver, on lance une alerte et on se rend sur place avec des appareils spécifiques. Nous avons des moyens très puissants pour suivre la montée du magma », rassure le géologue et volcanologue.

Si l’idée d’une éruption volcanique en Auvergne peut paraître saugrenue, « ce n’est pas du fantasme », assure Pierre Boivin. « C’est une éventualité, comme de recevoir une météorite sur la tête. Il est simplement impossible de jauger la probabilité », conclut le volcanologue. Source

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