Les océans couvrent environ 70 % de la surface de la Terre, et pourtant seulement 13,2 % des mers du monde , soit environ 54 millions de kilomètres carrés , restent vraiment sauvages, révèle une étude.

L’Homme est partout, même dans les océans. « Presque tout ce désert se situe dans l’Arctique, l’Antarctique ou autour des nations éloignées, notamment les îles du Pacifique, note Kendall Jones, de l’Université du Queensland en Australie. Dans les régions côtières, où l’activité humaine est la plus intense, il n’y a presque plus de désert. Nous avons également constaté que presque toutes les zones sauvages sont actuellement non protégées, ce qui les rend vulnérables. Les techniques de pêche et d’expédition nous permettent aujourd’hui d’aller plus loin dans l’océan, et de pêcher plus profondément ».

C’est peut-être le plus dérangeant : seulement 4,9 % de cette nature sauvage marine se retrouve en effet dans les zones marines protégées, où les règlements restreignent les activités humaines, peut-on lire dans l’étude.

Pour identifier cette nature sauvage, les chercheurs expliquent avoir tenté de définir les zones « exemptes d’activité humaine intense ». Ils ont pour ce faire attribué à chaque kilomètre carré d’océan la valeur de 15 facteurs anthropiques, parmi lesquels la pêche, la navigation commerciale, le ruissellement des nutriments et des pesticides ou encore quatre facteurs liés au changement climatique, notamment l’acidification des océans et l’élévation du niveau de la mer.

Pour être qualifiée de « zone sauvage », celle-ci devait passer deux tests : se situer dans les 10 % inférieurs de la gamme des valeurs d’impact pour les 15 facteurs humains, et se situer dans les 10 % de valeurs les plus basses pour l’impact cumulatif. Ce dernier comprenait tous les 15 facteurs humains, plus les ceux liés au changement climatique. Les scientifiques ont ensuite comparé les zones de nature sauvage avec des cartes d’aires marines afin de déterminer lesquelles étaient actuellement protégées.

Les chercheurs ont également constaté que les régions sauvages avaient une biodiversité beaucoup plus grande que les zones non sauvages. Les zones de nature sauvage possédaient une plus grande variété d’espèces, y compris des espèces rares, que les zones non sauvages, ainsi que des combinaisons uniques d’espèces. Les chercheurs notent également la présence dans les zones sauvages de prédateurs supérieurs. « Dans les zones non sauvages, les prédateurs les plus importants ont souvent disparu », poursuit Kendall Jones.

Un rare requin préhistorique capturé au large du Portugal

Que nous réserve l’avenir ? Cela dépend de notre ligne de conduite. « Protéger [les zones de nature sauvage marine] est crucial si nous voulons protéger l’ensemble de la biodiversité marine dans l’avenir », note le chercheur. La pêche en haute mer par exemple, n’est rentable que grâce aux subventions gouvernementales qui rendent possibles les voyages dans ces régions éloignées. Ces subventions sont les plus élevées au Japon et en Espagne, suivis par la Chine, la Corée du Sud et les États-Unis. « La réforme des subventions pour ces pays pourrait être un autre moyen de décourager l’érosion de ces dernières zones sauvages » conclut-il.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Current Biology. Source

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