Les chats sont sur la scène humaine depuis 9000 ans. Nous sommes sortis des grottes, et ils étaient là avec nous. Depuis, les chats ont été immortalisés dans l’art. Ils ont été peints en fresque, sculptés dans la pierre, sculptés dans le bois, coulés dans l’argent, plaqués en or et déformés dans les mots.

On pourrait se demander pourquoi les chats ont une telle couverture culturelle ? Après tout, il s’agit d’un petit animal discret avec quatre pattes et une queue élancée.

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Le côté obscur

Avec toutes ces pensées révérencieuses et culturelles sur les chats, il faut aussi reconnaître le côté sombre de leur mythologie. En tant que créatures de la dualité, depuis le tout premier instant de la fascination humaine pour le chat, il y a eu ce côté noir et pas si mignon…

Saint Patrick, comme nous le savons, a interdit le chat d’Irlande, mais il n’a pas été le premier à le faire. Pendant l’Inquisition, les chats étaient tout sauf populaires. Ils ont été brûlés avec leurs proches, les sorcières. Les pauvres animaux et les sorcières malheureuses suivirent le chemin du feu.

 » La Potion d’amour  » par Evelyn De Morgan : une sorcière avec un chat noir aux pieds. ( » Domaine public « )

Alors, qu’est-ce que les amateurs de chats ont fait pendant les trois cents prochaines années? Ils ont recréé le chat, en utilisant leur imagination débordante.

Art populaire du XVIIIe siècle, Chat de Kazan

Ainsi, les faux-félins ont beaucoup de noms – Kabouterje, Colfy, et Goblin n’en sont que quelques-uns. Ce sont des animaux-garous, des changeants qui ont une sorte d’identité humaine et féline. Dans certains mythes nordiques, Goblin était un petit homme intelligent, qui pouvait aussi se transformer en chat. On peut dire aussi qu’il ne s’agit pas du tout d’un chat, mais plutôt d’une vilaine petite personne qui vivait dans des granges, des puits, des jardins et des grottes. Oui, et même les greniers ou les poubelles, voilà où le petit chat troll humanoïde s’est installé.

Le bakeneko ( » le chat métamorphe « ) est un type de créature japonaise yōkai, ou créature surnaturelle.

Historiquement, le gobelin vit encore dans la littérature et porte bien des noms. Les Néerlandais appellent la créature rusée Kabouterje. Les Français, Gobelin. Les Allemands, Kobald. Les Russes, Colfy. Le Welsh, Coblyn. Les Anglais, Goblin.

Le retour du chat

Avec le temps, les flammes de l’Inquisition se sont refroidies et le chat est revenu. Il était temps pour Goblin, la doublure, de partir.

Dans les pays scandinaves, le chat de prédilection qui gardait la maison et chassait les gobelins était le Chat papillon. Il veillait sur le pain, le beurre, le lait et le fromage. Son endroit préféré pour dormir était près du poêle. En Finlande, le chat-papillon vivait dans les toits et portait chance à tous ceux qui faisaient preuve de respect. En retour, ce chat utilitaire s’occupait des tâches ménagères(ex : chasser les souris).

Une illustration de « Le chat et les souris » d’une édition allemande de 1501 des Fables d’Esope.

Lors de la construction d’une nouvelle maison, les constructeurs finlandais s’assurait toujours d’apporter une pelle à cendres – un cadeau pour le Chat papillon. Comme tout le monde le sait, les chats aiment laisser leurs restes dans les cendres.

Alors que le concept du bon chat de cuisine a grandi et s’est répandu dans toute l’Europe, le Gobelin, autrefois un homme gentil, est devenu coléreux. Il y avait donc beaucoup d’histoires du gentil chat-papillon contre le mauvais gobelin.

Neuf vies

En France, le chat-papillon était connu sous le nom de matagot. C’est le chat magique du Midi qui a porté chance à tous ceux qui l’ont nourri. Sur les presqu’îles de Bretagne dans le nord-ouest de la France, ce félin providentiel ne s’appelait pas chat-papillon, mais plutôt chat-argent. D’une durée de vie de neuf ans, il pouvait servit neuf propriétaires au cours de sa vie.

Chat se reposant sur un oreiller à côté d’un imam au Caire.

Coté Islam, une mention fait référence à Mahomet et à son chat Muezza. Un jour, alors que Muezza dormait sur la manche de Mahomet, le prophète s’est levé pour partir, et plutôt que de réveiller Muezza, il a coupé sa manche. Après cela, il a caressé Muezza trois fois sur la longueur de son dos. Ce mythe explique pourquoi les chats tombent toujours sur leurs pattes lorsqu’ils tombent – le résultat de la bénédiction originelle de Mahomet. Les mythologues disent aussi que la manche coupée de Muhammad est devenue le cadeau de longévité pour tous les chats.

Le chat sacré qui vit éternellement est un autre mythe universel. Le chat du temple japonais, parfois appelé chat kimono, a une tache sombre – c’est l’obi, ou cravate du kimono. Il y a longtemps, de tels chats ont été amenés dans les monastères et y ont été déposés pour protéger le saké. La tradition bienveillante se poursuit au Japon, quelles que soient les couleurs ou les caractéristiques du chat.

En termes de race, le chat kimono était le bobtail japonais. Quand les couleurs du chat étaient le noir, le roux et le blanc, le chat avait de la chance : « mi-ke », c’est-à-dire trois couleurs. Dans la peinture japonaise, la sculpture et les porte-bonheur, le chat mi-ke est assis droit avec la patte levée dans un geste généreux de bonne volonté.

Bobtail japonais femelle aux yeux bleus

En terminant, nous pourrions jeter un dernier coup d’œil à l’image la plus reposante, celle du chat endormi. Comme la terre, les lignes gracieuses du félin coulent de l’extrémité de son nez jusqu’à l’extrémité de sa queue. En sumi, peintures japonaises au pinceau humide, le chat frisé est une seule ligne représentant de la mer circulaire, la lune ronde, l’univers entier, au repos.

Source

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Traduction : Le Savoir Perdu Des Anciens 

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