Coulé il y a plus de trois siècles par la marine anglaise, le galion espagnol San José est une véritable source de convoitise, et met aux prises juridiquement une société américaine d’exploration sous-marine et le gouvernement de la Colombie.

Le San José et ses 64 canons étaient actifs depuis 1699 et avaient été affectés à la « flotte des Indes », chargée de l’acheminement de matières précieuses des colonies espagnoles en Amérique jusqu’en Espagne pour le roi Philippe V. En 1708, ce navire et sa flotte rencontrent l’escadre anglaise du général Charles Wager. Résultat : le San José est coulé avec à son bord les 600 hommes et 200 tonnes d’or et d’argent qu’il transportait !

Les canons sur lesquels sont gravés des dauphins sont la principale caractéristique distinctive de l’épave. Source : REMUS image, Woods Hole Oceanographic Institution Oceanographic

Selon les estimations, le chargement du San José vaudrait en 10 et 17 milliards d’euros ! Cependant, la remontée de ce trésor n’est pas encore à l’ordre du jour, car il se joue actuellement – et depuis quelques années – un véritable bras de fer politique et juridique.

En effet, le président colombien sortant Juan Manuel Santos a fait l’objet d’une enquête du bureau du procureur principal de la Colombie concernant l’octroi du contrat d’exploitation. Selon l’enquête, la société suisse Maritime Archaeology Consultants (MAC) aurait été la seule à soumettre une proposition d’exploitation au gouvernement colombien, et aurait toutes les chances de remporter l’accord. Durant sa campagne, le nouveau président colombien Iván Duque qui entrera en fonction le 7 août 2018 a qualifié de honteuse la façon dont le gouvernement de Santos avait procédé pour trouver une entreprise d’exploitation sous-marine.

Dans les faits, si Maritime Archaeology Consultants remporte le contrat, l’entreprise américaine Sea Search Armada (SSA) entrera en action une nouvelle fois par la voie judiciaire pour freiner la remontée du San José. En effet, cette société affirme avoir découvert l’épave en 1981 dans la mer des Caraïbes, à 17 km au large de la ville de Carthagène des Indes (Colombie).

« REMUS 6000 » capable d’effectuer des missions de longue durée sur de vastes zones

Selon son PDG Jack Harbeston, Sea Search Armada est en droit de réclamer la moitié du butin en vertu d’un contrat signé à l’époque avec le gouvernement colombien. En revanche, peu après la localisation de l’épave, le gouvernement aurait adopté une loi lui permettant de s’octroyer ladite épave. Ceci a eu pour effet de débuter un long bras de fer juridique, qui s’est soldé en 2007 par une décision de la Cour Suprême de Colombie validant la demande de SSA en ce qui concerne la moitié du trésor.

Cela n’a pas empêché le gouvernement de Santos de déclarer en 2015 que l’épave avait été découverte par une expédition colombienne accompagnée par des archéologues de Maritime Archaeology Consultants et des représentants de l’Institut océanographique de Woods Hole (États-Unis).

En guise de riposte, Sea Search Armada a publié les coordonnées géographiques de l’épave du San José – qui étaient restées secrètes jusqu’alors. Il était question pour SSA de prouver la découverte du navire dans les années 1980 et de démontrer le mensonge du gouvernement colombien.

Enfin, personne ne sait comment la situation évoluera puisque celle-ci est entre les mains du nouveau président colombien Iván Duque, qui ne s’est pas encore exprimé sur le sujet depuis son élection. Source

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