Un ancien texte égyptien de plus de 1300 ans, qui aurait été utilisé à l’origine comme un sort magique, a finalement été déchiffré – et il semble que l’amour était le but. Aujourd’hui, bien sûr, beaucoup d’entre nous pourraient simplement utiliser une application de rencontre à la place.

Le sort ou « formule magique » comprend une image montrant deux créatures semblables à des oiseaux se faisant face, entourées de fragments de phrases faisant référence à des personnages et événements bibliques. Le texte est écrit en copte, une langue égyptienne qui utilise l’alphabet grec.

Une nouvelle analyse, réalisée par Korshi Dosoo de l’Université de Strasbourg en France, établit des comparaisons avec d’autres artefacts de papyrus similaires et des rituels connus à l’époque pour suggérer que c’était une recette d’amour, et peut-être de protection, entre deux personnes.

« Cette image montre des affinités avec un certain nombre de tableaux similaires d’autres textes du même genre, et l’analyse de ces images, à côté de preuves textuelles, suggère qu’elles peuvent être comprises comme une représentation d’un rituel destiné à unir deux amants, écrit Dosoo dans son article publié.

Le papyrus contient des esquisses brutes et du texte copte fragmenté. (Dosoo, journal des études coptes, 2018)

Le papyrus est l’un des quelque 900 fragments stockés à l’Université Macquarie de Sydney, en Australie. Ce fragment est techniquement connu sous le nom de P.Macq.Inv.588.

Les légères différences entre les deux figures qui se trouvent sur l’image du papyrus pourraient être une tentative de montrer des personnages masculins et féminins, dit Dosoo. Le lien établi entre eux pourrait être un pénis, selon le chercheur, ou peut-être que ce n’est pas si ouvertement sexuel – peut-être que ce sont des liens ou des chaînes.

Mais le fait que ces créatures se font face suggère que l’amour est le but du sort. Dans d’autres formules magiques de l’époque destinées à provoquer la séparation, les personnages représentés sont généralement séparés les uns des autres.

« Du point de vue de l’observateur, on pourrait dire que l’image a pu améliorer la performance du sort – le client pouvait voir dans ces dessins étranges un ajout impressionnant dans l’atmosphère générale et une impression créée par ce rituel, » dit Dosoo à Owen Jarus, de Live Science.

Une mention du personnage biblique Ahitophel – qui a déserté le roi David – laisse entendre que l’incantation est destinée à éviter ces mauvaises influences (le christianisme était largement pratiqué en Égypte à l’époque). Il est également question d’un parfum exotique en musc de cerf, souvent utilisé pour attirer les amoureux ensemble.

De courts textes comme celui-ci auraient probablement fait partie d’un plus grand volume, un genre de manuel du magicien. En plus d’apporter de l’amour et de la bénédiction aux couples, ou de les séparer, ils auraient aussi été utilisés pour essayer de voir l’avenir ou de guérir des maladies.

Dosoo dit que s’il est difficile d’être certain de l’âge du papyrus, il correspond au style et au contenu d’autres textes datant précisément de la fin du 7ème ou du début du 8ème siècle.

Un papyrus copte avec sortilèges, 5-6ème siècle après JC du Musée Archéologique de Milan.

Le chercheur admet également qu’il est loin d’être facile d’essayer de donner un sens à ces formules magiques : s’il pense que son interprétation est « globalement correcte », il existe d’autres possibilités. Les deux personnages pourraient être des démons, par exemple, cherchant à manipuler quelqu’un.

Depuis des années, les experts tentent de déchiffrer les sorts magiques de la collection de l’Université Macquarie. Ce texte peut faire partie du « Manuel du Pouvoir du Rituel » qui a fait l’objet d’une étude similaire en 2014.

Mais avant de commencer à l’utiliser sur un être cher, notez que la formule n’a peut-être pas été utilisée pour inciter deux personnes à tomber amoureuses, mais plutôt pour donner un coup de pouce au destin et ouvrir la voie à un amour existant.

« Les textes littéraires des chrétiens d’Egypte qui mentionnent les sorts d’amour impliquent souvent que le problème n’est pas que la femme n’aime pas l’homme en soi, mais qu’il n’a pas accès à elle, car elle est une jeune fille non mariée protégée et isolée par sa famille, ou déjà mariée à un autre », explique Dosoo à Live Science.

Source

Traduction : Le Savoir Perdu Des Anciens 

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