Si les abeilles sont appréciées du grand public, les guêpes n’ont pas cette chance et sont souvent associées aux piqûres et à la douleur. Pour quelles raisons ? Pour cette équipe de chercheurs, les guêpes sont « incomprises ».

L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence, voilà l’équation présentée par Averroès, reprise à peu de chose près par Yoda, dans Star Wars. La formule est pertinente : nous avons peur ce que nous ne connaissons pas. Le principe d’ignorance ne fait pas ici référence à la bêtise, mais au manque de connaissances. Ainsi, les guêpes tant détestées pourraient-elles être victime d’un manque d’instruction, et donc de compréhension de la part du grand public ? Oui, répond une étude faite par des chercheurs de l’University College London (UCL) au Royaume-Uni. Les nombreux avantages écologiques de ces insectes sont en effet largement sous-estimés.

« Bien qu’il y ait un consensus général sur le fait que les gens détestent les guêpes, nous manquions de preuves scientifiques à ce sujet, et de raisons pour lesquelles c’est effectivement le cas. Nous avons donc lancé une enquête sur les réseaux sociaux pour découvrir la vérité », expliquent les chercheurs dans la revue Ecological Entomology. Interrogeant un panel de plusieurs centaines de personnes à travers 46 pays, il en est dans un premier temps ressorti l’évidence  suivante : « Les gens détestent les guêpes !».

« Les mots utilisés pour décrire les guêpes sont négatifs et font écho aux émotions (piqûre, agaçant, douleur, dangereuse), tandis que ceux utilisés pour décrire les abeilles sont positifs et fonctionnels (pollinisation, miel) », expliquent les chercheurs. Il en ressort également que ces sentiments négatifs émanent du fait que la plupart des personnes ignorent les services rendus par les guêpes.

« La réalité est qu’elles ont un rôle très important à jouer sur le plan écologique, car elles sont des prédatrices », explique à Newsweek l’entomologiste Adam Hart, de l’Université de Gloucestershire, au Royaume-Uni. Ce sont donc des contrôleurs de parasites naturels. Elles prennent un grand nombre de proies insectes sur nos cultures et nos plantes ». Les guêpes sont également des pollinisatrices, capables d’entretenir les niches laissées vacantes par les abeilles en déclin.

Les chercheurs notent également l’aspect culturel de cette aversion. « La culture de la haine de la guêpe remonte à des milliers d’années, peut-on lire. Aristote – le premier entomologiste publié – a décrit les guêpes sous un angle négatif par rapport aux abeilles. Les essaims de guêpes sont considérés comme une punition de Dieu dans trois livres de la Bible ». Pour les chercheurs, le fait que ces insectes soient dénigrés depuis longtemps aurait peut-être mené la recherche à se concentrer plus largement sur les abeilles que sur les guêpes. Et qui dit moins de recherches dit moins de connaissances.

Et le doute se confirme : il y aurait 40 fois plus d’articles scientifiques détaillant l’importance écologique des abeilles que de papiers faisant référence au rôle positif de nos chères guêpes dans l’écosystème. Il faut que ça change. Chérissez les guêpes  ! Source

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