Les premières civilisations n’avaient pas de satellites pour cartographier chaque recoin du monde en temps réel. Ils ne connaissaient que les parties du monde qu’ils avaient vues. Ils ont dû imaginer tout ce qu’il y avait au-delà.

Cela a rendu le monde plus étrange, plus magique. Ils voyaient leurs propres maisons au centre d’une planète en forme de disque, entourée d’un seuil qui les ferait entrer dans un monde de magie qui se trouve sur les bords de la terre.

Il existe une poignée de cartes et d’encyclopédies du monde ancien qui nous font savoir comment ils voyaient ce monde. Les Babyloniens, les Grecs et les Romains laissèrent tous derrière eux leurs propres visions de notre monde et de ses seuils les plus éloignés, chacun donnant un aperçu de la façon dont il voyait le monde et imaginant les confins les plus reculés de la terre.

Une carte du monde grec byzantine selon la première représentation (conique) de Ptolémée. Tiré du Codex Vaticanus Urbinas Graecus 82, Constantinople v. 1300.

Les Babyloniens : Les sept régions extérieures

La plus ancienne carte du monde découverte a été réalisée à Babylone. Elle montre le monde comme un disque rond entouré d’un océan d’eaux amères. Sur les bords de la terre, au-delà des océans, ils pensaient qu’il y avait sept terres étranges pleines de magie et de monstres.

La carte a été réalisée au 7ème ou 6ème siècle avant JC, mais ses représentations sont encore plus anciennes. Les notes laissées par le graveur indiquent qu’il s’agit d’une copie d’une tablette fabriquée 200 ans plus tôt, mais elle est probablement encore plus ancienne que cela. L’un des mondes extérieurs sur cette carte apparaît dans l’Epopée de Gilgamesh, écrite en 2100 avant JC.

Carte du 6 ème siècle avant JC montrant l’Assyrie, la Babylonie et l’Arménie

Les régions extérieures ont la forme de triangles. Les Babyloniens pensaient que c’était ainsi qu’elles apparaissaient lorsqu’ils s’approchaient de la mer : comme de grandes étendues de terre de plus en plus étroites, les bords de la terre tombant dans un espace sans fin.

Seule une poignée de leurs descriptions ont survécu, mais toutes suggèrent qu’il s’agit d’endroits mystiques et inaccessibles. L’un d’eux est étiqueté comme étant le lieu « où l’oiseau ailé ne termine pas son vol », c’est-à-dire un lieu qu’aucun oiseau ne peut atteindre. Une autre, prévient la carte, abrite un taureau à cornes qui attaque tous ceux qui y parviennent.

L’un est désigné comme le lieu « où l’oiseau ailé ne termine pas son vol ».

Ils croyaient qu’une île du nord était plongée dans l’obscurité totale. Une autre, juste un peu à l’ouest, était un endroit où la lumière était plus brillante que n’importe quelle étoile.

Les Grecs : Les terres des monstres

Les premiers Grecs, avant que Pythagore ne propose pour la première fois que notre monde soit rond, avaient une idée très différente de ce à quoi ressemble notre monde. Ils pensaient que le monde était un disque, une série de cercles concentriques avec Athènes au centre.

Leur propre maison, pensaient-ils, était un cercle presque parfait, entouré d’une mer Méditerranée parfaitement circulaire. L’Afrique, l’Europe et l’Asie tournoyaient parfaitement autour de cette mer. Et si l’on voyageait assez loin pour atteindre les extrémités d’un des continents étrangers, on ne trouverait qu’un océan sans fin.

‘La Neuvième Vague’ (1850) d’Ivan Aivazovsky. Beaucoup de Grecs de l’Antiquité croyaient que si l’on voyageait assez loin pour atteindre les extrémités de l’un des continents étrangers, ils ne trouveraient rien d’autre qu’un océan sans fin.

Pour eux, Athènes n’était pas seulement le centre géographique du monde – c’était aussi le centre de la civilisation. Plus on s’éloignait vers les confins de la terre, plus la terre et les gens deviendraient sauvages, et plus ils trouveraient de monstres.

Même si les Grecs commençaient à mieux comprendre le monde extérieur, ils acceptaient toujours l’idée que c’était un disque avec des monstres sur les bords. Quand l’explorateur (et médecin) grec Ctesias est revenu d’Inde, il a insisté sur le fait qu’il avait vu des gens avec des têtes de chiens, des tigres avec des visages humains, et des gens avec des pieds gigantesques qu’ils utilisaient comme parasols.

Parmi les affirmations les plus absurdes de Ctesias »Indica » se trouvaient les histoires d’une race de gens avec une seule jambe, ou avec des pieds si grands qu’ils pouvaient être utilisés comme parapluie. C’est un exemple d’une telle créature dans la Chronique de Nuremberg.

L’Inde, pensaient-ils, était l’une des extrémités de la terre. Hérodote a écrit que l’Inde était le point le plus à l’est qu’on pouvait voyager et que l’Arabie était le point le plus au sud. Mais le nord et l’ouest, pour lui, étaient un mystère encore inexploré :

« Je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui pourrait me donner des informations de première main sur l’existence d’une mer au nord et à l’ouest de l’Europe. »

Les Romains : Les pays bas

Le concept grec du monde n’a pas totalement disparu. Même après que Pythagore et Aristote aient suggéré que le monde pourrait être une sphère, beaucoup semblent encore s’être accrochés à l’idée qu’il y avait un bord à la terre rempli de sauvages.

Jules César, lui-même, était convaincu que Rome était le centre du monde. Plus vous alliez loin, croyait-il, plus les gens deviendraient sauvages.

Carte du monde selon Strabon.

Ce n’était pas tout à fait différent de la façon dont les Grecs voyaient le monde, sauf que, pour les Romains, les extrémités nord et ouest du monde n’étaient plus des terres inexplorées. Ils avaient fait avancer leurs armées jusqu’à ce qu’ils croyaient être le bout du monde.

Selon eux, les limites nord ont été envahies par des inondations. Pline l’Ancien, qui avait rendu visite au peuple Chauci qui vivait dans le nord-ouest de l’Allemagne, en a fait rapport :

« Là, deux fois toutes les vingt-quatre heures, la vaste marée de l’océan balaie une grande étendue de terre et s’y cache… Ces misérables peuples occupent les hauteurs… Quand la marée baisse ils sont des victimes naufragés ».

Les Romains se sont vite convaincus que toutes les périphéries du monde nordique étaient les mêmes. Elles étaient pleines de forêts sauvages et de marais où vivaient des hommes sauvages, constamment bombardés par l’effondrement des marées montantes.

C’était un petit soupçon de vérité qui s’est transformé en mensonge. Ils avaient vu une partie de l’Allemagne qui se trouvait sous le niveau de la mer et s’étaient dit que c’était simplement ce à quoi ressemblait le monde entier en dehors de leur propre domaine.

Figurine romaine en bronze , découverte à la Bibliothèque nationale de France, à la fin du 19ème siècle. Les Allemands portent une coiffure à nœuds typiquement suèdois et une cape qui les caractérise. Bibliothèque Nationale de France Paris. Inventaire n° 915.

Source

Traduction : Le Savoir Perdu Des Anciens 

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