Environ 40% des hommes et 20% des femmes seraient prêts à entreprendre un voyage vers Mars, même sans possibilité de retour sur Terre. C’est la conclusion d’un nouveau sondage réalisé par le media New Scientist. Mais d’après les scientifiques, les effets d’un tel voyage sur le cerveau invitent à le reconsidérer.

Une enquête récemment menée par le magazine en ligne New Scientist révèle que près de 50% des hommes britanniques interviewés souhaiteraient un jour se rendre sur Mars (avec possibilité de retour), tandis qu’un tiers des femmes entreprendraient le périple. Sans objectif de retour, 40% des hommes et 20% des femmes souhaiteraient quand même se rendre sur la planète rouge.

Toutefois, une nouvelle étude suggère qu’un tel voyage ne serait pas sans danger pour notre cerveau. Il pourrait notamment interférer avec la formation des souvenirs.

Un voyage aux multiples risques

Plusieurs études ont déjà mis en évidence les nombreux risques liés à un périple de six mois vers notre voisine rouge. Ils ont été classés en cinq catégories par la NASA : champs gravitationnels (atrophie musculaire et osseuse, désorientation, dommages causés par le déplacement des fluides dans le corps), isolation / confinement (humeur et sommeil perturbés), environnements fermés / hostiles (risque microbien), radiations cosmiques(risque de cancer, atteinte neurologique), et distance depuis la Terre (ressources limitées, communication compliquée).

Une nouvelle étude menée par l’Agence spatiale américaine, présentée lors d’une conférence à la Fédération des Sociétés Européennes de Neurosciences (FENS), suggère qu’une mission de deux ans pourrait également causer des dommages au niveau cérébral. Une donnée qui amène à repenser une fois encore la sécurité d’une telle entreprise.

Une réduction au niveau de l’hippocampe 

Pour cette expérience, la NASA a recruté 16 volontaires, divisés en équipes de quatre. Chaque membre devait assurer une mission de 30 jours dans un simulacre de base martienne, accompagné uniquement des trois autres collègues qui lui avaient été assignés. À la fin de l’étude, les chercheurs ont noté une réduction de l’hippocampe dans le cerveau des sujets, une structure cruciale dans l’orientation et la formation de nouveaux souvenirs.

En moyenne, la partie gauche de l’hippocampe des participants a connu une réduction d’environ 3%, une modification causée par l’isolation et le stress causé par une surveillance constante selon Anika Werner, membre de l’équipe. Les sujets ayant eu à travailler six jours par semaine, il est en effet peu probable que cette altération soit liée à l’inactivité.

Des effets à déterminer 

Les effets de ce changement sur les capacités cérébrales d’un individu sont encore incertains. Les compétences spatiales des pseudo-astronautes semblent demeurer intactes suite à l’expérience. Toutefois, une étude menée sur un groupe de 9 personnes isolées dans une base en Antarctique durant un hiver complet a bel et bien révélé une chute des scores lors de tests d’aptitude spatiale.

De plus amples recherches sont nécessaires pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants d’un tel voyage. Toutefois, elles demeurent coûteuses et compliquées à entreprendre. Si une expérience semblable a déjà été menée, peu de sujets accepteraient de se faire enfermer deux ans durant dans une fausse base martienne ne comptant qu’une poignée d’individus. Alors combien seraient véritablement près à partir vers Mars, après avoir réellement réfléchi à la question ? Source

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