L’analyse des os de ce qui était autrefois l’un des plus gros oiseaux du monde révèle que les humains ont colonisé Madagascar 6000 ans plus tôt que prévu.

Les premières traces d’activité humaine découvertes à Madagascar, des os de lémuriens travaillés et d’autres reliques archéologiques, permettaient d’estimer le peuplement de l’île à il y a 2400 à 4000 ans. Mais une nouvelle étude, menée sur des os d’oiseaux-éléphants (animaux parmi les plus gros volatils ayant existé) bouleverse cette hypothèse : elle établit que les premiers humains sont arrivés à Madagascar voici plus de 10.000 ans !

Un peuple inconnu

L’oiseau-éléphant, Aepyornis Maximus, est une espèce endémique à Madagascar dont les plus gros spécimens pouvaient mesurer jusqu’à 3,5 mètres de haut pour un poids de 450 kg. Incapable de voler comme l’émeu ou l’autruche, il a prospéré durant des siècles mais a disparu comme d’autre animaux emblématiques de la mégafaune malgache (tortue géante, lémurien géant, hippopotame…) il y a environ 1000 ans pour des raisons encore en grande partie inexpliquées. Mais la présence humaine est un des facteurs régulièrement cité comme cause de cette disparition. 

Marque d’outil en pierre sur un os (tarsométatarse) de la patte d’un oiseau-éléphant.

Les os qui ont été étudiés par une équipe de la Société zoologique de Londres proviennent du lit d’une rivière coulant dans le centre-sud de Madagascar. Elle recèle de nombreux fossiles dont ces restes d’oiseaux-éléphants qui ont été datés de 10.500 ans. Ils portent clairement des traces de coupe et de coups qui sont, selon les chercheurs, des marques faites par des outils en pierre lors d’activité de découpe de la viande.

La présence de ces os prouvent donc que l’île a été peuplé presque 6000 plus tôt que ce qui était avancé jusqu’alors. Par qui ? C’est le grand mystère : « nous ne connaissons pas l’origine de ces personnes et nous ne le saurons pas tant que nous n’aurons pas trouvé d’autres preuves archéologiques, mais nous savons qu’il n’existe aucune preuve de leurs gènes dans les populations modernes » explique dans un communiqué Patricia Wright de l’université de Stony Brook.

Dans la revue Science Advances qui publie leur étude, les chercheurs soulignent aussi que les hommes et la mégafaune malgache ont cohabité pendant presque 9000 ans avec un impact limité de la présence humaine sur la biodiversité pendant la presque totalité de cette période. Ils estiment qu’il faudrait réétudier les causes de la disparition des plus gros animaux en considérant que les activités humaines n’en sont pas la principale raison.  Source

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