Un ancien pigment pourrait aider à optimiser le bilan énergétique de nos bâtiments. Les chercheurs se sont en effet aperçus que le bleu égyptien serait doté de nombreuses qualités insoupçonnées.

Développé en Egypte il y a plusieurs milliers d’années, le pigment que l’on appelle bleu égyptien aurait des qualités pour le moins inattendues. Cette couleur serait en effet capable d’optimiser le rendement énergétique de nos bâtiments en permettant de rafraîchir les toitures et les murs, mais pourrait également permettre la production d’énergie solaire grâce à des vitres teintées.

Rafraîchir les bâtiments 

Dérivé du silicate de calcium cuivre, le bleu égyptien (SrCuSi4O10) était régulièrement employé sur d’anciennes fresques murales pour représenter les dieux et la royauté. De précédentes études ont démontré que lorsque ce pigment absorbe la lumière visible, il émet en retour de l’infrarouge proche. Une équipe de chercheurs de l’université de Berkeley vient de constater que la fluorescence du bleu égyptien serait 10 fois supérieure à ce que nous avions précédemment estimé.

En mesurant la température de surfaces peintes avec cette couleur, ils ont pu découvrir que celle-ci peut émettre presque 100% autant de photons qu’elle en reçoit. Les photons infrarouges sont moins énergétiques que ceux situés dans le spectre visible, néanmoins, cela porte tout de même l’efficience énergétique du bleu égyptien à 70%. Le bleu fluorescent pourrait donc devenir un nouvel allié pour rafraîchir les toits et les façades dans les régions à fort taux d’ensoleillement.

Bien que le blanc demeure encore la meilleure option pour optimiser l’efficience énergétique, celui-ci est souvent refusé pour des raisons esthétiques et se révèle souvent trop éblouissant. Grâce à leur étude publiée dans la revue Journal of Applied Physics, les chercheurs ont ainsi pu créer et détailler d’autres pigments.

Photographie du pigment  » YInMn Blue  » telle que synthétisée en 2017 par le chimiste  » Mas Subramanian  » et son équipe

Produire de l’énergie solaire 

Outre son utilisation possible comme revêtement, le bleu égyptien pourrait également se montrer utile dans la production d’énergie solaire. Des cellules photovoltaïques placées sur des vitres teintées avec ce pigment seraient en effet capables de convertir son rayonnement proche infrarouge en électricité.

L’augmentation de la réflectance des murs et des toitures grâce au bleu égyptien permettrait de limiter le réchauffement du bâtiment induit par la lumière du soleil, et par conséquent de réduire les besoins en climatisation ; mais aussi de réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain (lorsqu’une zone métropolitaine est significativement plus chaude que les zones rurales qui l’entourent du fait de l’activité humaine). Un pas en avant pour l’Homme et la planète, grâce à une technologie développée… il y a plusieurs milliers d’années.

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