Des astronomes ont récemment confirmé la présence de satellites de nuages de poussière autour de notre planète. Les chercheurs estiment que cette importante découverte pourrait avoir des incidences sur les futurs projets d’exploration spatiale.

La Terre a-t-elle réellement trois lunes ?

La Lune telle que nous la voyons dans le ciel la nuit est considérée comme étant l’unique satellite naturel de la Terre, situé à une distance moyenne de 381 500 km. Et pourtant, dans une publication récente de la Royal Astronomical Society relayée par le magazine National Geographic le 6 novembre 2018, il est fait mention de deux autres lunes.

Il serait en réalité question de “lunes fantômes” c’est-à-dire des nuages de poussière en orbite autour de notre planète. Il ne s’agit donc évidemment pas de satellites classiques avec une atmosphère. Ces recherches viennent confirmer les dires d’autres chercheurs, qui ont auparavant affirmé qu’un tel phénomène était possible sans jamais avoir pu le prouver de façon définitive.

Que faut-il savoir sur ces lunes ?

Situés à une distance d’environ 400 000 km, ces nuages de poussière émettent un signal très faible, ce qui a été source de quelques doutes sur leur existence jusqu’à aujourd’hui. Il faut tout de même savoir que les premières observations du genre remontent à 1961 et sont le fruit du travail de l’astronome polonais Kazimierz Kordylewsk. En revanche, dans le cadre des récentes recherches, l’équipe de l’astronome hongroise Judit Slíz-Balogh a utilisé des filtres polarisants, ce qui a donc permis d’observer une lumière polarisée réfléchie par la poussière.

« Les nuages de Kordylewski sont deux des objets les plus difficiles à observer. Bien qu’ils soient aussi proches de la Terre que la Lune, ils sont largement ignorés par les astronomes. Il est intrigant de confirmer que notre planète a des pseudo-satellites poussiéreux en orbite aux côtés de notre voisine lunaire », a expliqué Judit Slíz-Balogh.

Chacun de ces nuages fait environ 15 degrés par 10 de largeur, soit l’équivalent de 30 disques lunaires par 20 la nuit dans le ciel ! Autrement dit, ces derniers mesurent environ 105 000 km par 72 000 km, et sont donc quasiment neuf fois plus imposants que notre planète !

Un impact sur les missions d’exploration spatiale ?

Cette découverte a une certaine importance dans le cadre de futures explorations spatiales. En effet, certaines de ces missions prévoient de placer des satellites aux points de Lagrange (noté L1 à L5 ci-dessous), ces positions de l’espace où les champs de gravité de deux corps en mouvement orbital l’un autour de l’autre fournissent chacun la force centripète idéale pour effectuer ce même mouvement (voir schéma ci-dessous).

Il s’agit également de points où les satellites consomment peu de carburant pour se maintenir en orbite. Citons par exemple le cas du télescope spatial James Webbqui devrait être placé sur le point de Lagrange L2 en 2022. Par ailleurs, d’autres missions prévoiraient de se servir de ces points pour élaborer une sorte d’autoroute interplanétaire dans le cadre des futures missions vers Mars. Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here