Des scientifiques ont analysé l’ADN de cette mystérieuse espèce. Selon eux, la licorne de Sibérie a survécu jusqu’à il y a au moins 39 000 ans. Sa disparition serait due à un changement climatique.

Quand on parle de licorne, on pense tout de suite au légendaire cheval blanc dont le front est orné d’une corne d’ivoire. La licorne sibérienne (Elasmotherium sibiricum) n’a rien à voir avec cette représentation : elle pèse 3,5 tonnes, ressemble à un rhinocéros poilu, et surtout, a bel et bien existé.

Pour la première fois, une équipe internationale de chercheurs a analysé son ADN, rapporte Science Alert. Ils ont déterminé que la licorne sibérienne n’est pas morte il y a 200 000 ans, avant la dernière période glaciaire, comme on le pensait. Elle a survécu jusqu’à il y a au moins 39 000 ans, affirme l’étude, publiée dans le journal scientifique Nature Ecology & Evolution.

Les scientifiques ont également découvert que la licorne de Sibérie s’était « séparée du groupe moderne des rhinocéros il y a environ 43 millions d’années », ce qui fait d’elle « la dernière espèce d’une lignée très distinctive et ancienne », écrit The Sun.

23 spécimens d’os

Comment a-t-on pu en apprendre autant sur cette espèce méconnue ? Jusque-là, les recherches sur la licorne sibérienne étaient entravées par l’absence de traces fossiles. Mais elles ont pu reprendre lorsque l’équipe de scientifiques a recueilli 23 spécimens d’os de licorne sibérienne, dont un crâne complet, qui se trouve au Muséum d’histoire naturelle, à Londres. Les os ont été soumis à une datation au radiocarbone, pour voir s’il était possible de récupérer de l’ADN.

Les chercheurs ont découvert que plusieurs spécimens d’os sont datés de moins de 40 000 ans. Le plus récent daterait même d’il y a entre 35 000 et 36 000 ans. À cette époque, les humains commençaient déjà à peupler les steppes de Russie, du Kazakhstan, de la Mongolie et du nord de la Chine.

Changement climatique

Pourquoi la licorne sibérienne a-t-elle disparu ? L’homme, apparemment, n’y est pour rien. C’est plutôt le changement climatique qui serait responsable. Les scientifiques pensent que la licorne de Sibérie se nourrissait uniquement d’herbe. Or, l’époque où l’espèce a disparu correspond à « une période de changement climatique, pas extrême, mais qui a causé des hivers beaucoup plus froids. Selon nous, ils ont vraiment modifié l’étendue des prairies de la région », explique à Science Alert Alan Cooper, du Centre australien de l’ADN ancien (ACAD) à l’Université d’Adelaide.

La licorne sibérienne n’aurait pas réussi à s’adapter. « Sa tête était énorme, elle était très basse, à hauteur d’herbe, elle n’avait pas vraiment besoin de la lever, poursuit Alan Cooper. Une fois que l’environnement a changé, la licorne semble s’être éteinte. »

La corne de l’animal aurait pu compliquer davantage son adaptation. Bien qu’aucune corne n’ait été retrouvée, les scientifiques ont pu observer un crâne. La base de la corne y semble importante. À tel point qu’après plusieurs comparaisons, ils ont établi que la corne de cette licorne pouvait atteindre un mètre ! Pas facile alors de se nourrir de feuillage en hauteur. Source

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