Une équipe de biologistes annonce avoir découvert une population d’ours polaires en bonne santé près de la mer des Tchouktches, entre l’Alaska et la Russie. Il y aurait plusieurs milliers d’animaux. Les détails de l’étude sont publiés dansScientific Reports.

Plus de 3 000 ours

On associe généralement (à raison) la condition des ours polaires au recul de la banquise. Ces animaux en première ligne sont d’ailleurs devenus malgré eux de véritables symboles du réchauffement climatique, s’aventurant de plus en plus près des Hommes en raison de la perte de leur habitat naturel. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. En témoigne la découverte de plusieurs milliers d’ours polaires au large de la côte ouest de l’Alaska. Il y aurait ici près de 3 000 animaux en bonne santé, évoluant dans un environnement riche en nourriture.

« Ce travail représente une décennie de recherche qui nous donne une première estimation de l’abondance et du statut de la sous-population de la mer des Tchouktches, explique le biologiste Eric Regehr, du Centre des sciences polaires de l’Université de Washington (États-Unis) et principal auteur de l’étudeLa perte de glace de mer due au changement climatique reste la principale menace pour l’espèce, mais, comme le montre cette étude, les effets de la perte de glace de mer varient selon le lieu et l’endroit. Certaines sous-populations sont déjà en déclin alors que d’autres s’en sortent bien ».

Une population d’ours polaires en bonne santé découverte au large de l’Alaska. Source : AWeith / Wikimedia Commons

Une population en bonne santé

Entre 2008 et 2016, les chercheurs expliquent avoir suivi une soixantaine d’ours par an, certains équipés de colliers GPS. La population est apparemment restée stable, apprend-on, avec un bon taux de reproduction et de survie des oursons. Une très bonne nouvelle pour ces animaux qui évoluent dans un environnement “privilégié”.

« C’est une région très riche. La majeure partie de la mer des Tchouktches est peu profonde, avec des eaux riches en nutriments provenant du Pacifique, poursuit le chercheur. Cela se traduit par une productivité biologique élevée et, surtout pour les ours polaires, par un grand nombre de phoques ». Les restes de baleines échouées permettent également aux ours de se nourrir durant les mois d’été, lorsque la banquise fond.

Des menaces toujours présentes

Les chercheurs alertent cependant sur le fait que cette apparente bonne santé des ours polaires de la région ne tient qu’à un fil. La glace de mer arctique fond en effet à rythme toujours plus rapide, et ce dernier bastion pourrait un jour être à son tour touché par le réchauffement de la planète. « Ces découvertes sont une bonne nouvelle pour le moment, mais cela ne signifie pas que les ours de la mer des Tchouktches ne seront pas affectés par la perte de glace », conclut le chercheur. Source

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