Le site mégalithique du Gunung Padang, parfois surnommé le « Machu Picchu indonésien », est perché sur une colline qui n’a rien de naturel. Selon des chercheurs, ce relief de forme pyramidale cache des années de constructions humaines et pourrait indiquer l’emplacement d’un ancien temple.

À Karyamukti, des centaines de pierres massives rectangulaires d’origine volcanique recouvrent le sommet d’une colline. Surnommé le « Machu Picchu indonésien », le site mégalithique du Gunung Padang, situé dans ce village de l’ouest de l’île de Java, a été découvert au début du XXe siècle. Plus d’un siècle plus tard, les archéologues y font encore des découvertes !

Selon des chercheurs indonésiens, cette colline n’a rien de naturel : elle cache des milliers d’années de constructions humaines et probablement les vestiges d’un lieu sacré. Ils ont détaillé les résultats de leur travail de recherche lors de la conférence annuelle de l’Union américaine de géophysique, qui se tenait à Washington mi-décembre.

« [La configuration de ce lieu] est différente de la topographie environnante, qui est, elle, très érodée. Le terrain semble très jeune. Il nous semble artificiel », explique au magazine scientifique Live Science Danny Hilman Natawidjaja, le principal auteur de cette étude, qui est chercheur à l’Institut indonésien des sciences (un organisme de recherche public).

Le relief, désormais recouvert par la végétation, a la forme d’une pyramide rectangulaire tronquée. Sa face avant est en forme de demi-cercle. Selon l’archéologue, ce lieu était peut-être un temple, il y a des milliers d’années.

Plusieurs « couches » d’histoire

Au cours de plusieurs années de recherche, les scientifiques ont utilisé un radar à pénétration de sol pour en étudier la composition et la structure ; ils ont fait des fouilles et des forages ; ils ont réalisé des maquettes 3D… Et ont découvert que la colline était une succession de « couches » qui correspondent à différentes périodes. Ce site s’étend sur 15 hectares.

La première couche est un amas de pierres de basalte qui auraient été utilisées pour construire des terrasses – des levées de terre maintenues par un mur – et des colonnes de pierres arrangées de telle sorte qu’elles « formaient des murs, de chemins et des espaces ». Les scientifiques estiment que cette couche date de 3000 à 3500 ans avant J.-C.

La deuxième couche, celle qui se trouve entre un et trois mètres sous la surface de la terre, n’est pas une formation naturelle, comme les scientifiques le pensaient jusque-là. Elle est composée de pierres mélangées à un matériau de grain fin. Elle aurait été fabriquée entre 7 500 et 8 300 ans avant J.-C.

La troisième couche est également un mélange artificiel de fragments de pierres et descend à 15 mètres de profondeur. Son origine remonte entre 9 500 et 28 000 ans avant J.-C.

Aujourd’hui, les Indonésiens viennent se recueillir et méditer sur ce lieu, qui est l’un des plus vastes sites mégalithiques d’Asie du Sud-Est. Il se pourrait que leurs ancêtres, il y a des milliers d’années, y pratiquaient également leurs cultes. Source

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