La nature n’a jamais cessé d’inspirer l’homme dans la conduite de la guerre. Idriss Aberkane rappelle que chez les Romains, une des formations militaires s’appelait par exemple « testudo » : tortue. Idem chez les Zoulous, qui imitaient le taureau pour modifier leur formation stratégique, leur déploiement et leur coordination.

Cela perdure aujourd’hui, avec la RandCorporation, une institution américaine qui étudie ce que l’on appelle la guerre en essaim. L’idée est de coordonner les forces, puis de les disperser pour ne pas qu’elles puissent être ciblées. Et c’est une des caractéristiques des essaims, qu’ils soient d’abeilles, de criquets ou de frelons.

Cette guerre en essaim a été inaugurée par les Mongols, qui concentraient leur cavalerie en des points stratégiques, avant de la disperser : c’est une technique de guérilla. Une fois dispersés, les soldats sont difficiles à cibler. Cette même méthode a également servi à Abd el-Kader, le chef militaire algérien. Plus connue sous le nom de smala, cette stratégie déplaçait toute une ville en la structurant de telle manière que sa sécurité et sa volatilité soient assurées.

Comme l’explique Idriss Aberkane, les abeilles ont deux grandes stratégies pour lutter contre les frelons. La première, qui ne fonctionne pas, consiste à opposer les abeilles une par une au frelon, qui les dévorera sans difficulté, l’une après l’autre. La seconde stratégie veut que les abeilles se jettent toutes sur le frelon, simultanément. Ainsi, elles vont réchauffer le prédateur, jusqu’à le « cuire », puisque les abeilles peuvent supporter une température plus élevée que le frelon. Appliquer la guerre en essaim avec des drones, c’est imaginer une armée de drones qui se regroupent pour infliger des dégâts à l’ennemi, puis se dispersent dans la campagne, en pouvant y vivre pendant plusieurs semaines. Un mélange entre les dix plaies d’Égypte et Terminator.

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