Si la nature est high-tech, il faut admettre que les Indiens le sont aussi. Et cela, c’est quelque chose que l’on a totalement oublié. Pour nous, les Indiens sont analphabètes, natifs des Amériques.

Prenez, par exemple, les Indiens Munduruku. Ils n’ont pas de vocabulaire précis pour les nombres au-delà de 5 et comptent ensuite par poignée. Par conséquent, on a tendance à voir les natifs comme des arriérés. Rien n’est plus faux. Si la nature est une bibliothèque, les natifs savent en réalité la lire. La meilleure façon de lire un livre, c’est de lui donner notre attention et notre temps. Or, les Indiens vivent dans la nature. Donc ils lui donnent de l’attention et du temps en permanence.

Le curare, anesthésiant des temps modernes

Les Indiens ont ainsi trouvé dans la nature des solutions techniques qui valent des milliards. Prenez le curare, par exemple. C’est un mélange toxique, mais aussi un relaxant musculaire, car il agit sur la liaison neuromusculaire. Le curare a été développé par les Indiens, mais il est utilisé en anesthésie aujourd’hui. On ne peut pas anesthésier un patient sans utiliser le curare aujourd’hui, sinon le patient convulse. Si on devait compter le nombre de vies que le curare a donc sauvé, ce serait de l’ordre du milliard, puisque le curare a été introduit en générique par l’Institut Pasteur en 1947.

La phytosociologie, l’agriculture de demain

Par ailleurs, Wes Jackson, chercheur américain, étudie le mythe indien de la « prairie domestique ». Ce serait un carré de terre avec une grande biodiversité, soit l’opposé d’une monoculture, qui, elle, s’articule autour d’une seule culture et utilise des produits phytosanitaires et des engrais. Les Indiens, eux, auraient mis au point cette prairie avec plusieurs espèces en interaction mutuelle. C’est ce qu’on appelle la phytosociologie. Et cette prairie aurait fourni des cultures vivrières toute l’année, sans travail mécanique des sols, sans engrais et sans pesticide. Cette technologie reste encore mystérieuse à nos yeux, mais les Japonais s’y intéressent. Les scientifiques l’étudient même pour coloniser un jour la planète Mars.

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