La Ligue de protection des oiseaux veut déposer un recours contre cette chasse traditionnelle devant la Cour européenne de justice.

La chasse à la glu, qui consiste à capturer des oiseaux (principalement les grives et les merles) avec de la glu sur des baguettes ou des branches d’arbres, a encore de beaux jours devant elle.

Le Conseil d’Etat a validé, ce 28 décembre, sa pratique dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse. « Soit une bonne partie de la région Paca », note France-Bleu qui donne l’information.

Une mauvaise nouvelle pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui avait déposé un recours contre cette chasse traditionnelle dans la région. Elle étudie aujourd’hui la possibilité de le faire devant la Cour européenne de justice.

A l’inverse, l’Association de défense des chasses traditionnelles à la grive (ANDCTG) se réjouit de cette décision. Cité par France-Bleu, Eric Camoin, le président de cette association, lance :

« C’est surtout une victoire contre les mensonges et l’idéologie. [Les opposants] disent sans arrêt que la chasse à la glu n’est pas sélective, que les oiseaux sont abîmés et maltraités : c’est complètement faux ! Les oiseaux sont attrapés, nettoyés et ils vivent très longtemps en volière. Si nous voulons que l’oiseau chante, il faut qu’il soit entretenu.

Qu’on ne nous raconte pas de blagues : il faut que ça s’arrête. Le Conseil d’Etat vient de dire stop. C’est rejeté encore une fois. »

De son côté, la LPO, qui affirme l’inverse, avait fourni au Conseil d’Etat des avis d’experts vétérinaires qui témoignent « de l’effet irréversible » de cette pratique. Yves Vérilhac, le directeur général de la ligue estime :

« Les oiseaux sont fragiles. Les manipuler pour les dégager de la glu, les nettoyer avec de l’essence F4 a des conséquences. Nous avons plusieurs exemples d’espèces protégées tuées. Nous avons trouvé englués des mésanges, des fauvettes, des gros-becs, récemment un faucon crécerelle. Donc, très clairement, cette pratique n’est pas sélective. »

Il insiste et conclut :

« Sous prétexte de tradition, on ne peut pas faire n’importe quoi. La biodiversité est en chute libre : -30% sur les oiseaux des champs. Jouer à coller des oiseaux, c’est dépassé. On peut se donner rendez-vous dans cinq ans : la chasse à la glu sera finie. » Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here