Dans le New Jersey, une militante de la cause animale a été condamnée à quinze jours de prison pour avoir libéré un ourson pris dans un piège. Ce n’est pas la première fois que Catherine McCartney commet une infraction par amour pour ces animaux sauvages. En lui infligeant cette peine, la procureure a voulu lui faire passer un message.

Pour les militants de la cause animale, c’est un acte héroïque. Aux yeux de la justice, c’est illégal. En début de semaine, Catherine McCartney a été condamnée à quinze jours de prison pour avoir libéré un ourson pris dans un piège aux abords de Great Gorge Village, un lieu-dit situé près de la municipalité de Vernon dans le New Jersey. C’est l’agence gouvernementale chargée de la protection de l’environnement dans cet État américain qui avait installé ce piège pour empêcher les ours de s’inviter chez les habitants.

En octobre 2018, la police a surpris cette défenseuse des animaux et un autre activiste, Mark Nagelhout, en pleine opération de sauvetage. Ce jour-là, les militants ont été placés en garde à vue. Ils ont été jugés par le tribunal municipal mardi dernier. Lors de l’audience, ils ont tous les deux plaidé coupable.

Récidiviste pour le bien des animaux

En plus des quinze jours de prison, Catherine McCartney doit payer une amende 1 191 dollars, soit 1 045 €. Son complice, lui, doit s’acquitter de 1 316 dollars, soit 1 155 €, de frais de justice. C’est la première fois qu’il est arrêté et condamné pour une infraction.

Catherine McCartney, elle, passait devant la justice pour la quatrième fois. Elle a été arrêtée en octobre 2016, 2017 et 2018 pendant la période de la chasse à l’ours. À chaque fois, elle tentait d’empêcher les chasseurs de tuer les mammifères. Comme cette activité réglementée est légale, elle a été condamnée à payer des amendes.

La troisième fois, elle a échappé de peu aux quinze jours de prison. Son avocate, Doris Lin, a convaincu le juge de lui donner des travaux d’intérêt général, en plus de l’amende. Mardi, elle a une nouvelle fois tenté d’alléger la peine de sa cliente.

La loi contre la morale

Mais cette fois, la procureure, Alicia Ferrante, s’est opposée « avec véhémence » à la demande de l’avocate, raconte le journal local New Jersey Herald. « Il faut que [Catherine McCartney] arrête. Ce n’est pas sa première infraction et l’État soupçonne que ce ne sera pas sa dernière, a-t-elle expliqué sèchement lors de l’audience, mardi. Elle ne comprend pas que la loi, c’est la loi. »

« Quand les ours errent dans les zones résidentielles, ils posent problème. Il peut y avoir des blessés et des dégâts matériels », a renchéri le juge James Devine. Le piège avait été mis en place près de ce lieu-dit car une résidente s’était plainte d’un ours « agressif » qui rôdait dans le coin.

Dans le New Jersey, les ours cohabitent avec les humains.

De son côté, Catherine McCartney a expliqué qu’elle avait pris une « décision morale » en libérant le petit animal. « Les cris de cet ourson qui appelait sa maman étaient vraiment horribles, a-t-elle raconté. C’était la bonne chose à faire. » Dans la salle d’audience, les 14 membres du BEAR Group, un groupe de défense des ours, venus la soutenir ont acquiescé.

Révoltée, mais pas découragée

Catherine McCartney a également reproché à l’agence gouvernementale de ne pas installer des poubelles inaccessibles aux ours dans ce lieu-dit. Le New Jersey est un « pays d’ours », a-t-elle rappelé. Selon elle, il est nécessaire de mettre en place des infrastructures qui découragent ces animaux sauvages d’envahir les zones résidentielles.

En sortant de la salle d’audience, Catherine McCartney s’est dit « révoltée » par la décision du tribunal selon le New Jersey Herald.Cependant, elle compte continuer à défendre les ours. « Ils veulent utiliser la loi contre nous pour nous faire taire, a-t-elle déclaré. Ces animaux sont innocents, mais nous n’allons pas arrêter de nous battre, surtout pas moi. » Source

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