En orbite autour de la Terre depuis le début des années 1970, la sonde soviétique Cosmos 482 pourrait venir chuter sur notre planète cette année. Mais il reste difficile, voire impossible, de déterminer où et quand.

Ils tournent autour de la Terre depuis presque un demi-siècle. Et ils devraient bientôt venir s’écraser quelque part sur la Planète bleue. Eux, ce sont les débris de la sonde spatiale soviétique Cosmos 482. Lancé en 1972, l’engin devait naviguer jusqu’à Vénus, mais un problème de moteur l’en a empêché. Résultat, l’objet est resté coincé en orbite autour de la Terre.

Des débris s’abattent en Nouvelle-Zélande

En ce 31 mars 1972, Cosmos 482 éclate en plusieurs morceaux. Quelques jours plus tard, plusieurs débris tombent sur Terre. Quatre grosses billes d’un alliage de titane s’abattent sur des terres agricoles de la région d’Ashburton, en Nouvelle-Zélande.

Larges de trente-huit centimètres de diamètre, lourdes de plus de treize kilos, chauffées à blanc par l’entrée dans l’atmosphère, elles laissent de profondes marques sur le sol. C’est ce que révèlent des documents du gouvernement néo-zélandais relayés par le quotidien New Zealand Herald.

Cosmos 482 était une sonde similaire à Venera 8, que montre ce timbre commémoratif. Ce second engin soviétique s’est posé sur la surface de Vénus et a réalisé des observations sur place.

Logiquement, d’autres débris de Cosmos 482 évoluent donc toujours en orbite autour de la Planète bleue. Selon les informations du site spécialisé Space.com, qui révèle l’affaire, il y a notamment, parmi ces restes de la sonde, la capsule qui aurait dû lui permettre de pénétrer dans l’atmosphère de Vénus.

L’objet est donc conçu pour résister à des températures très très élevées et ne devrait donc pas se désagréger en pénétrant dans l’atmosphère de la Terre. Ce seul module pèserait 495 kg. La principale inconnue reste le calendrier de cette chute.

« Selon moi, l’entrée dans l’atmosphère pourrait se dérouler à la fin de l’année ou au milieu de l’année prochaine », a dit Thomas Dorman, un observateur des satellites qui évoluent autour de notre planète, au site Space.com.

Une chute difficile à anticiper

Il a relevé que l’apogée de l’orbite de ces objets, c’est-à-dire son point le plus éloigné de la Terre, « commence à décliner lentement ». Mais déterminer la date exacte de la chute « relève autant de l’art que de la science », poursuit Thomas Dorman, manière de dire qu’il sera très difficile de mettre le doigt sur une date précise ou même une fenêtre exacte.

Si Cosmos 482 s’écrasait bien sur Terre, ce serait, vraisemblablement, sur l’eau, qui recouvre 71 % de la surface de la planète.

Même chose pour le lieu : impossible de déterminer, à ce stade, où la sonde viendra chuter. Mais si elle s’écrasait bien sur Terre, Cosmos 482 tomberait vraisemblablement… dans l’eau. Sous une forme ou une autre, le liquide recouvre 71 % de la surface de notre planète, rappelle l’Institut d’études géologiques des États-Unis. Et plus de 96 % de cette eau, ce sont des mers ou des océans.

Même si cette sonde tombait sur la terre ferme, le point d’impact serait, selon les plus grandes probabilités, un secteur inhabité. La surface de la planète ne compte que 3 % de zones habitées, selon le Centre national d’études spatiales (CNES).

L’histoire de la sonde soviétique n’est pas sans rappeler celle de Tiangong-1, cette station spatiale chinoise qui était venue se désagréger au-dessus de l’océan Pacifique l’an dernier.

500 000 débris spatiaux en orbite autour de la Terre

L’histoire de Cosmos 482 n’est pas sans rappeler celle d’un autre engin spatial venu s’écraser sur la Terre, la station spatiale chinoise Tiangong-1. L’an dernier, l’annonce de la chute de l’engin hors de contrôle avait été très suivie. Et en avril, le « Palais céleste », son nom en français, s’était désintégré au-dessus de l’océan Pacifique.

L’histoire de la sonde soviétique, comme celle de la station spatiale chinoise, souligne le problème des débris spatiaux, des objets artificiels, en orbite autour de la Terre, qui ne sont pas fonctionnels, selon la définition livrée par le CNES.

Il y a des satellites désactivés, des capots, des sangles, et des fragments qui résultent de l’explosion d’étages de lanceurs ou de satellites, toujours selon le CNES. « Les débris finissent par retomber sur Terre. La plupart se vaporisent lors de leur rentrée atmosphérique. Mais 10 à 20 % arrivent à la surface du globe, livre encore le centre. Dans la majorité des cas, les impacts ont lieu dans des zones immergées de la Terre. »

Selon la NASA, plus de 500 000 débris spatiaux graviteraient autour de notre planète. Source

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