Le président mexicain a envoyé une demande d’excuses au roi d’Espagne et au pape pour des exactions commises au XVIe siècle contre les peuples indigènes d’Amérique centrale. Madrid a catégoriquement refusé.

«J’ai envoyé une lettre au roi d’Espagne et une autre au pape pour que le récit des abus soit fait et que des excuses soient présentées aux peuples indigènes [du Mexique] pour les violations de ce qu’on nomme aujourd’hui leurs droits de l’Homme», a déclaré le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador, dans un message vidéo publié sur sa page Facebook. Evoquant des «abus», le chef d’Etat demande que des excuses soient présentées aux peuples indigènes du Mexique pour les exactions qui ont été commises au XVIe siècle, après l’arrivée des premiers conquistadors espagnols. Mais Madrid a «fermement» exclu d’accorder une suite favorable à cette demande. 

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez (g.) et le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador (d.)

La « Conquête », comme on la nomme, s’est faite avec l’épée et la croix, des églises ont été édifiées sur les temples. Le temps de se réconcilier est venu. Mais d’abord qu’ils demandent pardon

La demande du président mexicain se poursuivait ainsi : «Il y a eu des massacres, des levées d’impôts […]. La « Conquête », comme on la nomme, s’est faite avec l’épée et la croix, des églises ont été édifiées sur les temples. Le temps de se réconcilier est venu. Mais d’abord qu’ils demandent pardon.»

L’arrivée, il y a 500 ans, des Espagnols sur le territoire mexicain actuel ne peut pas être jugée à l’aune de considérations contemporaines

Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a répliqué en ces termes : «Le gouvernement d’Espagne regrette que la lettre envoyée par le président mexicain à sa majesté le roi, dont elle rejette fermement le contenu, ait été rendue publique. L’arrivée, il y a 500 ans, des Espagnols sur le territoire mexicain actuel ne peut pas être jugée à l’aune de considérations contemporaines. […] Nos peuples frères ont toujours su lire le passé sans colère et dans une perspective constructive, comme des peuples libres avec un héritage commun et une influence extraordinaire.»

Convoquant l’Histoire en sommant l’Espagne de faire acte de contrition, il se pourrait que l’exécutif mexicain soit surtout intéressé par son agenda politique intérieur : en 2021, le Mexique commémorera le bicentenaire de l’indépendance de son pays et les 500 ans de la chute de Tenochtitlan, l’ancien nom de Mexico sous l’ère aztèque. Le gouvernement mexicain espère qu’il s’agira d’une «réconciliation historique» et a annoncé le 25 mars qu’il demanderait pardon pour l’«extermination» des peuples autochtones dans son pays. Source

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